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Etude vaccination : les parents demandent davantage de transparence et d’objectivité

Si les professionnels jouent un rôle central pour répondre aux questions et inquiétudes de leurs patients vis-à-vis de la vaccination, notre système actuel de vaccinologie ne répond que partiellement aux attentes des parents. Voilà en somme ce que révèle une étude menée par Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola auprès de parents d’enfants de la région de Bruxelles-capitale dans le but de mieux comprendre les perceptions des parents à l’égard des vaccins. Une nouvelle enquête est en cours auprès des professionnels de la santé.

L’étude qualitative menée dans le courant de l’année 2017 sous forme de focus group auprès de 24 parents bruxellois a révélé aux chercheurs de l’ULB qu’en matière de vaccination, les parents sont demandeurs de davantage de transparence, d’informations plus objectives et d’un discours plus unanime dans le monde des professionnels de la santé. Sans remettre en cause le rôle central des professionnels en tant que sources fiables d’informations, l’étude souligne cependant que le système actuel est donc perfectible. Parmi les principaux freins à la vaccination, on retrouve les idées reçues véhiculées par certains groupes très actifs sur les réseaux sociaux et internet, et supportées par certains médecins opposés à la vaccination.

Des parents également demandeurs d’informations durant la grossesse

L’étude montre également que, face au médecin qui propose de vacciner leur enfant, beaucoup de parents se sentent pris de court et doivent prendre une décision rapide : ils sont désireux de bénéficier d’informations pendant la grossesse. « Autrefois l’information était moins nécessaire vu la haute incidence des maladies à prévention vaccinale, mais cette suggestion de la part des parents prend aujourd’hui tout son sens », explique le Dr Isabel Castroviejo Fernandez, responsable de l’étude de 2017 et aujourd’hui pédiatre résidente à l’Hôpital des Enfants.

Nouvelle étude en cours auprès des professionnels de la santé

De manière à pouvoir apporter des solutions efficaces sur le terrain et qui soient en adéquation avec les attentes de la population, une enquête du même type chez les professionnels de la santé est actuellement en cours et supervisée par le docteur Sarah Jourdain, pédiatre au sein des Hôpitaux Iris Sud et par le Pr. Pierre Smeesters, chef du service de pédiatrie à l’Hôpital des Enfants. Cette nouvelle étude menée par Amandine Jorion, étudiante en médecine, vise à interroger des médecins généralistes de la Région Bruxelles-Capitale sur leurs perceptions et leurs pratiques dans le domaine de la vaccination. Les premiers résultats de cette enquête pointent le besoin d’informations actuelles et de mises à jours régulières des médecins traitants. Ils souhaiteraient avoir accès à une formation plus approfondie en matière de vaccination ainsi qu’à des outils adéquats (notamment numériques) afin d’améliorer leur prise en charge du patient et renforcer l’adhésion à la vaccination. Par ailleurs, une formation plus profondie en vaccinologie dans le cursus médical serait une piste d’amélioration à explorer.

Les pharmaciens en tant qu’ambassadeurs de la vaccination ?

Pour le Pr. Smeesters, il y a donc un travail d’information et de dialogue avec les professionnels de la santé qu’il faut continuer à mener. « La première étude avait déjà révélé que pour les parents, les pharmaciens en qui ils ont confiance, pourraient également jouer ce rôle d’informateurs. » Une autre piste que l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola compte bien suivre, en partenariat avec les hôpitaux publics du réseau de l’ULB et d’autres acteurs du secteur de la santé.

Un contexte de mise en danger la couverture vaccinale

Depuis plusieurs années, nous assistons à une remise en question de la vaccination par la population. En effet, bon nombre de controverses véhiculées par les médias, internet et les réseaux sociaux remettent en question l’innocuité et parfois même l’utilité et le bien-fondé de la vaccination. La méfiance suscitée vis-à-vis des vaccins entraîne une modification et parfois un refus du calendrier vaccinal proposé par l’ONE. Cette baisse de couverture vaccinale induit une augmentation des maladies évitables par la vaccination. Et dans les faits, en Belgique, nous observons une augmentation significative des cas de coqueluche, de rougeole et de diphtérie*. Ces maladies sont sévères et entraînent des hospitalisations prolongées, des séquelles parfois irréversibles et des décès.

 


Etude

« Préoccupations parentales concernant la vaccination pédiatrique : étude en focus groups à Bruxelles », Isabel Castroviejo Fernandez, Sarah Jourdain, Nadine Kacenelenbogen, Pierre Smeesters, Revue Médicale de Bruxelles [under press]

*Référence : Tableau OMS


Plus d’informations sur la vaccination ? Parlez-en à votre médecin ou au pédiatre de votre enfant. Vous trouverez également les articles de nos experts sur ce blog.


Avis aux professionnels : le sujet de la douleur sera également abordé lors d’un séminaire-webinar est prévu le vendredi 27 avril à 17h. Rendez-vous à l’HUDERF, au CHU St Pierre ou en ligne, lors de la Semaine de la Vaccination.


 


 

ARCHIVES – Blogs : nos experts ont pris la parole en 2017

La diététique à l’Hôpital des Enfants en images

A l’occasion de la semaine de la diététique, nous attirons l’attention sur l’implication de l’équipe de diététique de notre hôpital dans le traitement de certaines maladies. C’est par exemple le cas pour les enfants souffrant de diabète, de maladies métaboliques, de maladies rénales, d’allergies alimentaires, de maladies inflammatoires de l’intestin, de maladies neurologiques, de la mucoviscidose…

L’équipe de l’unité de Nutrition et Diététique de l’HUDERF a pour mission de veiller à la qualité et à l’équilibre de l’alimentation de l’ensemble des enfants hospitalisés et a pour objectif la réalisation des régimes particuliers. L’aspect thérapeutique de leur mission est primordial : l’équipe se mobilise donc pour organiser des ateliers diététique, pour créer des brochures d’information illustrées… à destination des enfants et de leurs familles, pour rendre l’éducation nutritionnelle la plus ludique, positive et efficace possible.

Quelques exemples en images…

Atelier allergologie

Le carnet de dialyse

 

Atelier métabolique

 

A côté des diététiciens, l’unité de nutrition et diététique c’est aussi des pédiatres nutritionnistes prescripteurs et des centres de préparations dont une cuisine diététique, une biberonnerie et une banque de lait maternel où des aide-cuisinières et puéricultrices travaillent quotidiennement.

 

 

Mucoviscidose : des perspectives de dépistage et de traitement

Le dépistage néonatal bientôt appliqué aussi à la mucoviscidose

Dépister la mucoviscidose avant 2 mois permet d’offrir un meilleur pronostic aux patients : ils reçoivent le traitement approprié dans les meilleurs délais. L’équipe pluridisciplinaire de l’HUDERF se réjouit : ce dépistage va bientôt être intégré au test de Guthrie en Belgique aussi. Un gain de temps qui constitue un précieux avantage et qui permet d’épargner à l’enfant davantage d’examens inutiles.

Un traitement contre la mucoviscidose : une réalité d’ici 10 à 15 ans ?

« D’ici 10 à 15 ans, nous espérons pouvoir offrir un traitement contre la mucoviscidose », explique le Dr Hanssens, qui précise : « Pour l’instant, nous rappelons aux patients et leurs parents qu’il faut continuer de se battre et d’être rigoureux dans la prise de médicaments pour préserver les fonctions respiratoires, pour le jour où on aura quelque chose pour les guérir. Et ce jour viendra. ». D’où l’importance de toutes les initiatives mises en place au sein du Centre de Référence de l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola (HUDERF) : sport, diététique adaptée, suivi psychologique, coaching concernant la prise de médicaments… Aujourd’hui, les traitements permettent d’améliorer les symptômes de la maladie. Etre rigoureux est indispensable. « Les traitements par antibiotiques et par enzymes pancréatiques ont déjà sauvé beaucoup d’enfants », conclut le Dr Hanssens.

Soutenez la recherche !

www.belgiankidsfund.be

 


Retrouvez tous les blogs liés à la Semaine Européenne de la Mucoviscidose sur http://www.huderf30.be

Retrouvez toute l’actualité de l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola sur la page Facebook de l’hôpital.

 

 

Muco Diet 2.0 : à table !

Voici le nom de code du nouveau projet de l’équipe pluridisciplinaire dédiée à la mucoviscidose à l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola ! Sid Ali Namane est diététicien à l’HUDERF et équipé d’une Go Pro, il filme des clips vidéo sur l’intérêt de l’alimentation dans le cadre de la mucoviscidose : Muco Diet 2.0.

Destinées aux patients, onze petites vidéos vont être réalisées pour ce projet et seront diffusées sur les tablettes qui leur sont prêtées lors des consultations. Jean-Philippe Watteyne, finaliste de l’émission Top Chef, filmera également la réalisation d’un menu entrée-plat-dessert spécial. Ce projet entamé en 2017 durera deux ans et est soutenu par l’association Muco. « En utilisant les nouvelles technologies et le mode de communication des blogueurs sur Youtube, nous espérons pouvoir offrir une éducation nutritionnelle et diététique qui marque les esprits », explique Sid Ali Namane.

Dans la mucoviscidose, la question de l’alimentation est essentielle : les enfants sont en proie aux infections et doivent donc avoir une alimentation énergétique, riche en graisses. On leur recommande de manger jusqu’à la moitié plus que les autres enfants de leur âge. Or 80% des patients ont une insuffisance pancréatique : le mucus empêche les enzymes fabriquées par le pancréas de bien fonctionner. Cette insuffisance se manifeste notamment par une digestion et une absorption difficiles, menant à la dénutrition de l’enfant. Des traitements existent pour remédier à cela : des enzymes pancréatiques (le Creon) sont indispensables pour que le régime hyper calorique soit efficace et que le cocktail de vitamines A, D, E et K soient bien absorbées.

« Le corps a besoin de graisses pour absorber les vitamines liposolubles, qui ont besoin de Creon pour être bien absorbées. Nous savons également que la fonction respiratoire est directement liée à l’état nutritionnel de l’enfant. Il y a donc une vraie interdépendance entre traitement, état nutritionnel et alimentation. Nous informons énormément en consultation, mais les parents et les jeunes ont besoin de supports complémentaires. Nous espérons une vraie prise de conscience grâce à cette nouvelle méthode d’éducation thérapeutique. »


Mucoviscidose, la maladie génétique grave la plus fréquente en Belgique

La mucoviscidose est une maladie héréditaire qui affecte les voies respiratoires et le système digestif. L’organisme de chacun d’entre nous produit du mucus, une substance habituellement fluide, qui tapisse et humidifie la paroi intérieure de certains organes. Chez les personnes ayant la mucoviscidose, le mucus est épais et collant, ce qui engendre des problèmes de respiration et de digestion.

En Belgique, 1.200 patients sont concernés. Chaque année, 30 à 50 nouveaux patients sont dépistés. Souvent des nouveau-nés, mais aussi des adultes qui ont vécu toute leur vie avec une forme atypique de mucoviscidose. Aujourd’hui, l’espérance de vie atteint quasi 50 ans si les traitements sont bien suivis. Le portage est fréquent car un belge sur 20 est porteur de la mutation responsable de la maladie et est donc susceptible de transmettre la maladie à ses enfants. A l’avenir, des tests génétiques se démocratiseront pour pouvoir dépister également les parents qui ne savent pas toujours s’ils sont porteurs.

Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola – Centre de référence

Il faut savoir qu’afin de soulager les symptômes et de prévenir leur apparition, les personnes ayant la mucoviscidose consacrent en moyenne 4 heures par jour à leur traitement. Une lourdeur de traitement qui implique l’intervention d’une équipe pluridisciplinaire composée d’infirmières, de kinésithérapeutes, de diététiciennes, d’assistantes sociales, de psychologues, un pharmacien et qui complètent les pédiatres spécialisés en pneumologie. Les patients sont vus par l’équipe lors de consultations où les professionnels se relaient autour des enfants qui sont littéralement au centre des soins. Une façon de protéger davantage les santés fragiles de ces patients dans le milieu hospitalier et de leur offrir plus de confort. Au cours de ces consultations d’une heure et demie, les équipes mènent des entretiens motivationnels pour susciter un changement de comportement chez le patient en partant de ses propres motivations et freins. Les enfants sont pris en charge le plus tôt possible et jusqu’à 16 ans. Grâce au laboratoire de dépistage de l’ULB, la majorité des enfants traités à l’HUDERF ont été dépistés avant 2 mois.

L’équipe pluridisciplinaire du centre de référence a également mis en place des projets d’accompagnement des patients et de leur famille pour leur permettre de gagner en autonomie. Nous en parlerons sur ce blog durant la Semaine Européenne de la mucoviscidose 2017 (semaine du 20 novembre).

Comment préserver les enfants des perturbateurs endocriniens ?

Ils font couler beaucoup d’encre : les perturbateurs endocriniens sont très présents dans notre quotidien. On les retrouve un peu partout, en quantité très variable : dans les vêtements, les aliments, les matériaux de construction, … Leurs effets sur notre santé, et celle des enfants en particulier, ne sont que partiellement connus et de nombreuses recherches sont en cours. Dès lors, comment diminuer les risques ? Le Professeur Claudine Heinrichs, endocrinologue pédiatre à l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola, nous éclaire et nous conseille. 

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ? 

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, un perturbateur endocrinien potentiel est une substance ou un mélange exogène, possédant des propriétés susceptibles d’induire une perturbation endocrinienne dans un organisme intact, chez ses descendants ou au sein de (sous-)populations.

« Pour comprendre son action sur l’organisme, il faut se pencher sur le système endocrinien composé de glandes endocrines, d’une part, dont les plus connues sont : les testicules chez les hommes, les ovaires chez les femmes, ou encore la thyroïde, le pancréas, l’hypophyse, l’hypothalamus et la glande surrénale, et d’autre part d’hormones », explique le Professeur Heinrichs. Ces hormones, sécrétées, par les différentes glandes vont circuler dans le sang pour finir par se fixer sur un récepteur, c’est-à-dire des protéines situées en surface et dans les cellules.

Ces hormones jouent un rôle fondamental comme celui de la reproduction, de la croissance, du système nerveux, etc. Si ces hormones ne peuvent pas se fixer sur leurs récepteurs, à cause de la présence de perturbateurs endocriniens, le signal hormonal est alors déréglé voire inexistant. « Cela provoque alors une fausse réaction du système concerné. On pense par exemple au phénomène de puberté précoce ou au dysfonctionnement de la thyroïde. »

Où retrouve-t-on les perturbateurs endocriniens ?

Certains perturbateurs endocriniens sont fabriqués à des fins très précises, comme les contraceptifs oraux ou les traitements hormonaux. Il en existe également des naturels dans le soja et les céréales. « Mais la majeure partie d’entre eux ont été fabriqués par l’homme et grand nombre sont utilisés dans des processus industriels permettant : la rigidité des plastiques, la conservation des cosmétiques, l’assouplissement, l’imperméabilisation, la résistance au feu ou à la chaleur de certains tissus, les pesticides, la combustion incomplète des carburants,… Ils sont un peu partout ».

Pour le Professeur Claudine Heinrichs, s’il est impossible de tous les éviter, nous pouvons limiter notre exposition et celle de nos enfants. « Il est important d’aérer nos intérieurs, de privilégier l’utilisation de récipients en verre pour la cuisine, de ne pas utiliser des désodorisants d’intérieur, d’utiliser moins de cosmétiques et des produits plus ‘basiques’. »

Quelles sont les conséquences sur l’homme ? 

Aujourd’hui de nombreuses études ont permis de mettre en lumière le caractère négatif de certaines substances telles que le Bisphénol A ou le Glyphosate dont on parle beaucoup actuellement. «  Les connaissances actuelles ne permettent pas de prouver les liens de cause à effet. Est-ce la combinaison de deux substances qui est nocive ? Remplacer l’un par l’autre n’aura-t-il pas à terme aussi de mauvaises conséquences ? » Les endocrinologues s’accordent à dire qu’il est difficile de dresser un tableau exhaustif, mais qu’il est urgent d’émettre des préoccupations sur la présence de certaines substances sur le marché.

Les perturbateurs endocriniens entraînent une perturbation des mécanismes hormonaux, et ce à n’importe quel stade de vie. Bien qu’il soit difficile de dresser une véritable liste des conséquences, la science a déjà permis d’identifier que les fœtus et les enfants en forte croissance sont plus vulnérables. C’est pourquoi il est important de protéger ces populations !

Conseils aux futures mamans et aux parents inquiets

« Dans la liste des conseils, je voudrais donc m’adresser aux futures mamans enceintes qui peuvent protéger leur futur enfant en évitant de faire elles-mêmes des travaux de peinture, de se retrouver dans des endroits enfumés, en étant attentives à leur consommation alimentaire, en essayant de ne pas utiliser ou de diminuer l’utilisation de vernis à ongles, cosmétiques, teinture pour cheveux … Et pour les parents, je voudrais leur conseiller de ne pas emballer les pique-niques dans de l’aluminium, mais de privilégier les emballages en papier. Je conseille également d’utiliser des récipients en verre plutôt qu’en plastique et de donner le moins possible de produits transformés aux enfants. »

Comment on fait quand on est endocrinologue (et donc consciente de l’influence des perturbateurs endocriniens sur l’organisme) et mère de trois enfants ?

« Ce n’est pas possible de protéger ses enfants de tout ni de tout leur interdire. Je dois avouer que quand je vois mes filles se mettre du vernis à ongles, je ne peux m’empêcher d’avoir envie de leur crier d’arrêter », sourit Claudine Heinrichs.

Le Professeur Heinrichs est endocrinologue-pédiatre et mère de trois enfants.


Portrait du Professeur Claudine Heinrichs – Chef de clinique

Après avoir étudié à l’Université de Liège, c’est auprès du Professeur Jean-Pierre Bourguignon que le Professeur Heinrichs se forme à l’endocrinologie pédiatrique.

En 1989, elle intègre l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola et dirige l’unité d’endocrinologie fondée précédemment par les Professeurs Renée Wolter puis Guy Van Vliet. Actuellement, c’est avec les docteurs Cécile Brachet, Sylvie Tenoutasse, Erika Boros, Julie Harvengt et Sophie Lambert que les patients sont pris en charge au sein de leur unité. L’aide des infirmiers de l’équipe, Bert Leenders et Frédérique Schwilden est aussi très précieuse. Le but est que le petit patient et ses parents deviennent acteurs de leur prise en charge !

 

Crédits photographie : Designed by Freepik

La vaccination anti-grippale en 6 questions

Qu’est-ce que la « grippe » ?

Connue depuis plus d’un siècle, la grippe est une maladie infectieuse ubiquitaire très contagieuse causée par le virus Influenza, circulant de façon saisonnière typiquement d’octobre à avril dans l’hémisphère nord. Si ce virus cause des épisodes infectieux pénibles mais d’évolution spontanément favorable chez la majeure partie des adultes en bonne santé contaminés, il peut aussi être source d’épisodes très sévères voire même mortels chez des hôtes plus fragiles, comme les personnes atteintes de maladies chroniques ou les personnes très âgées. Ces populations particulièrement fragiles ont un risque majoré non seulement d’évolution péjorative de l’infection en elle-même, mais également de nombreuses complications telles des surinfections bactériennes respiratoires par exemple.

Chaque année, on recense entre 3 et  5 millions cas de grippe par an et on estime que celle-ci est à l’origine de 2,5 à 500.000 décès dans le monde. En Belgique, chaque hiver, de20 à 40% des enfants et de 5 à 15% des adultes présenteraient ainsi des symptômes cliniques d’infection à Influenza et 1500 décès seraient attribués directement au virus. Par ailleurs, l’épidémie grippale est une source d’absentéisme scolaire important. Au travail aussi, elle cause une réelle perte de productivité : aux USA, on estime que l’épidémie cause un déficit de 1-6 millions de dollars par 100.000 habitants chaque année. A l’échelle de la Belgique, on considère que les parents perdent l’équivalent de 20 jours de travail quand leurs enfants sont malades.

Comment s’attrape la grippe ?

La grippe est une maladie très contagieuse. Les jeunes enfants dispersent le virus de façon plus importante et plus longtemps, ils s’immunisent moins bien et se réinfectent plus rapidement: ils

Adapted from Terebuh . Pediatr Infect Dis J, 2003;22:S231-5

sont la principale source de dissémination dans la famille et la communauté. Les personnes âgées font moins fréquemment la grippe mais la gravité de l’infection augmente avec l’âge. La contagion se fait par voies respiratoires (toux/éternuements/projection de gouttelettes salivaires) ou par contacts (mains, objets). Un adulte est contagieux de 24 heures avant jusqu’à 5 jours après les symptômes mais les jeunes enfants peuvent excréter du virus jusqu’à 2 semaines après l’infection.

La grippe : une maladie devenue évitable ?

Disponible au grand public depuis plus d’un demi-siècle, le vaccin contre la grippe est aujourd’hui le moyen de prévention le plus sûr et efficace.

Selon les estimations moyennes des dernières années, on évalue globalement que la vaccination permettrait une réduction de 56%  des infections respiratoires aiguës, de 50% des hospitalisations et de 68% à 80 % des décès liés à la grippe en saison hivernales.

Si l’efficacité varie chaque année en fonction des mutations annuelles du virus, le bénéfice de la vaccination à l’échelle individuelle mais aussi collective en reste indéniable. La vaccination vous protège non seulement vous-même d’une infection sévère, mais elle protège aussi les personnes non immunisées (votre famille et vos patients) grâce à un phénomène appelé immunité de cohorte (Vaccine herd effect). En effet, la vaccination du plus grand nombre permet de diminuer significativement la circulation du virus dans la communauté et donc les risques de transmission aux personnes fragiles. C’est une des raisons pour laquelle les pays anglo-saxons tels les USA ou le Royaume Unis préconisent la vaccination des jeunes enfants en âge scolaires ou crèche, groupes d’âge les plus souvent infectés et à la source de la transmission de l’épidémie.

Quels sont les vaccins disponibles ?

Trois types de vaccins sont actuellement disponibles sur le marché européen pour faire face à l’épidémie annuelle de grippe :

  • Deux vaccins protéiques inactivés, l’un trivalent (contenant 2 souches influenza de type A H1N1 et H3N2, et 1 souche influenza de type B) et l’autre quadrivalent (nouveau vaccin contenant en plus une souche influenza B approuvé à partir de 3 ans depuis 2015). Ces vaccins ne contenant pas de virus vivant ne présentent donc aucun risque de « grippe » vaccinale chez les patients même les plus fragiles. Deux doses de vaccins (entières ou demies selon l’âge) sont nécessaires à un mois d’intervalle en cas de première immunisation contre l’influenza chez les enfants de moins de 8 ans. Les principaux effets secondaires sont des réactions locales mineures (sous-cutanées provenant de l’ IM) et dans < 1% des cas des réactions systémiques (fièvre, courbatures). Ce vaccin est contrindiqué en cas d’allergie aux œufs et chez les nourrissons de moins de 6 mois.
  • Un vaccin vivant atténué (LAIV) quadrivalent également dont le principal avantage réside dans son mode d’administration par voie intranasale. Il permet donc d’épargner une injection intramusculaire annuelle et de stimuler l’immunité directement au site infecté. Les données d’efficacité de ce vaccin ont été fort variables selon les saisons et ce vaccin n’est pas encore utilisé à grande échelle actuellement en Belgique.

Qui faut-il vacciner ?

En Belgique, il est recommandé de vacciner chaque année les enfants âgés de 6 mois à 18 ans atteints de pathologies chroniques au vu du risque majoré d’évolution péjorative de l’infection elle-même ou de ses complications bactériennes. L’importance de vacciner contre la grippe avant le début de la période épidémique est indiscutable considérant le taux de mortalité lié à l’influenza pouvant atteindre jusqu’à 15% dans certaines cohortes telles que les patients greffés de moelle osseuse.

Suivant les recommandations du conseil supérieur de la santé, on recommandera donc de vacciner :

  • Tout enfant de 6 mois à 18 ans présentant une ou plusieurs des affections chroniques sous-jacentes, même stabilisées :
  • Pathologie pulmonaire incluant l’asthme sévère
  • Pathologie cardiaque excepté l’hypertension
  • Pathologie hépatique
  • Pathologie rénale
  • Pathologie métabolique (incluant le diabète)
  • Pathologie neuromusculaire
  • Pathologie immunitaire congénitale ou induite
  • Enfant traité par aspirine au long court
  • Enfant de 6 mois à 18 ans vivant sous le même toit qu’un enfant à risque du groupe 1 ou qu’un enfant de moins de 6 mois

Le tableau ci-dessous reprend par ailleurs en détails les indications prioritaires de vaccination grippe pour l’ensemble des groupes d’âge adultes et pédiatriques

A cela s’ajoutera la vaccination du personnel soignant qui est une mesure additionnelle cruciale afin d’optimiser la protection des patients et d’endiguer la propagation de l’épidémie en milieu hospitalier.  Cette mesure est extrêmement efficace pour lutter contre les infections nosocomiales en hiver et son intérêt a été démontré par de nombreuses études sérieuses dans la littérature. La vaccination offerte au personnel permet non seulement de se protéger soi-même lorsque l’on travaille dans un milieu à haut risque, mais également de protéger la communauté et les patients. C’est un acte de protection individuelle qui devient une vraie action collective. Dans notre hôpital la vaccination du personnel existe depuis de nombreuses années, et des campagnes de sensibilisation ont lieu tous les ans. En plus de protéger les patients, ils protègent ainsi également leurs familles et leurs collègues de virus attrapés à l’hôpital. A cette mesure préventive collective s’ajoute la pratique quotidienne d’une bonne hygiène des mains et la non-fréquentation du lieu de travail en cas de symptômes respiratoires ; se protéger soi-même et par-delà la collectivité par tous les moyens devenant un leitmotiv pour chaque soignant concerné.

Pourquoi se revacciner chaque année ?

La protection conférée par le vaccin grippe n’est malheureusement que de courte durée (4 à 6 mois en moyenne). De plus, le virus influenza est particulièrement virulent et bien adapté à échapper à l’immunité de son hôte humain, notamment grâce à un taux élevé de changements génétiques (« mutations ») de ses protéines de surface. Même si une protection résiduelle partielle subsiste chez les personnes vaccinées en raison de réaction croisée avec les souches virales ayant circulé les années antérieures, la vaccination pour être efficace doit être répétée chaque année et les vaccins continuellement adaptés pour faire face aux modifications des protéines du virus. Une mutation majeure dans une protéine structurale (shift antigénique) rendra la nouvelle souche de virus trop éloignée des souches retrouvées les décennies précédentes pour donner lieu à des réactions immunitaires croisées. Chaque individu devenant alors naïf immunitairement face à ce « nouveau » virus, cette souche sera responsable d’une nouvelle pandémie. C’est ce qui a été observé lors de la pandémie H1N1 2009 ou de la grippe espagnole de 1918.  Chaque année, c’est l’OMS qui, d’après des estimations de l’évolution des protéines du virus, recommandera la composition du vaccin anti-grippal de l’année.

 

Dr Sophie Blumental, chef de clinique adjoint – Clinique d’infectiologie, HUDERF

Spécialisée en infectiologie pédiatrique et en immunodéficiences


Autres références de cet article :

  • who.int/influenza/vaccines/virus/recommendations
  • Kim TH, Clin Exp vaccine Res 2014 ;3 :128-132
  • CSS. Vaccination contre la grippe saisonnière. Saison hivernale 2016-2017. Août 2016. CSS No 9367
  • Terebuh . Pediatr Infect Dis J, 2003;22:S231-5

L’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola s’engage pour promouvoir la vaccination. Retrouvez davantage d’informations sur la vaccination sur ce blog (www.huderf30.be).

Pour en savoir plus sur l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola, rendez-vous sur notre site internet www.huderf.be.

Une parenthèse à l’unité parents-bébé

« On ne naît pas parent, on le devient », dit l’adage. Mais l’établissement du lien entre le(s) parent(s) et l’enfant n’est pas toujours évident. Cette interaction est pourtant cruciale pour prévenir les troubles du développement chez l’enfant. C’est pour offrir un accompagnement précoce et adapté que l’HUDERF a mis sur pied en 2014 une initiative inédite en Belgique : l’unité de jour Parents-Bébé.

L’Unité Parents-Bébé est un lieu de rencontre privilégié entre des parents fragilisés et leur enfant. L’équipe de l’unité accueille des bébés dès les premiers mois de la naissance et jusqu’à 2 ans et demi. C’est sur cet intervalle précoce qu’elle a choisi de se concentrer pour tenter de prévenir les troubles du développement chez les enfants. Elle prend en charge les dyades ou les triades papa-maman-bébé pour travailler sur plusieurs plans : sur le parent, sur l’enfant ainsi que sur leur relation.

« Trois cas de figure peuvent se présenter », comme nous l’explique le Pr Delvenne, chef de service de pédopsychiatrie. « Un premier cas est une situation où il y a une difficulté d’instauration du lien précoce, il peut y avoir une dépression maternelle, il peut y avoir des antécédents de séparation ou de maladie de l’enfant qui créé une distorsion du lien. Une deuxième indication ce sont des enfants qui ont des troubles fonctionnels, des troubles du sommeil, des troubles de l’alimentation. Une troisième indication, ce sont des enfants qui ont des difficultés de développement. »

La prise en charge s’étend sur une période de 3 à 6 mois à raison de deux à trois visites par semaine et se déroule en 2 temps. Le premier temps est celui de l’observation et de l’évaluation. Ce temps permet de réfléchir avec les parents au deuxième temps, celui de la prise en charge thérapeutique de l’enfant et de sa famille.

L’unité parent-bébé est un lieu d’accueil permettant d’aider l’enfant à grandir au sein de sa famille. Pour les parents, ce lieu est une parenthèse où se poser, laisser de côté le sentiment de culpabilité et obtenir un regard extérieur.

C’est également un lieu où les parents peuvent tisser des liens avec d’autres familles. L’effet de groupe est également très important. « Dans la société individualiste, les enfants ne sont plus forcément élevés par le groupe et la communauté.  Certains parents perdent la représentation de ce qu’est être parent », explique le Dr Moureau, pédopsychiatre. « Ici, le curseur est placé sur l’enfant et son développement. Mais notre mission est aussi d’accompagner les parents dans leur cheminement vers l’autonomie. Pour cela, ils doivent croire en leurs capacités et nous les y aidons, avant de les orienter pour la suite. »

L’unité Parent-Bébé est au cœur du réseau, un point de rencontre entre la maternité, les crèches, les pédiatres, les médecins de l’ONE, les psychologues et psychiatres… L’avantage d’avoir une telle unité au sein de l’Hôpital des enfants ? La multidisciplinarité, indispensable pour offrir un accompagnement complet : thérapeutique, social et humain.

Chaque enfant et chaque parent entre à l’unité avec son histoire. Parfois, ils viennent chercher des références pour devenir parents ou des solutions pour mettre un cadre dans l’éducation de leur enfant. ‘Mon enfant dort mal. Mon enfant ne mange pas bien. Je n’arrive pas à dire non à mon enfant’. Et ils repartent aussi parfois avec autre chose : une idée plus précise sur ce qui ne va pas, des solutions d’accompagnement pour la suite, un peu plus de confiance en leur capacité à être parent.

Le témoignage de la maman de Nathan, 6 mois : 


 

 

 

 

 


DANS L’ACTUALITE 2017

Un prix pour un projet de dépistage de la vulnérabilité périnatale

En matière de vulnérabilité périnatale, plus la prise en charge est précoce, plus il est possible de prévenir les risques. L’équipe de pédopsychiatrie de l’HUDERF a été récompensée lors du Congrès du Réseau Mère Enfant de la Francophonie pour un projet collaboratif de poster sur la vulnérabilité périnatale, en partenariat avec le CHU Brugmann, le CHU Ste Justine de Montréal et le CHU de Lyon. L’équipe a créé un outil de repérage à destination des gynécologues, sages-femmes, travailleurs médico-sociaux… Cet outil vise à dépister les femmes enceintes qui sont en situation de stress : violence intra-conjugale, assuétude, grande pauvreté, etc; afin qu’une prise en charge la plus précoce leur soit proposée et prévenir les risques pour le futur enfant.


PLUS D’INFORMATIONS SUR L’UNITE PARENTS-BEBE

 

La distraction par le virtuel pendant les soins

Nous en avions parlé dans un billet précédent : pour l’HUDERF, prévenir la douleur des enfants est un droit élémentaire. Depuis le printemps 2017, la réalité augmentée vient compléter le programme de distraction pendant les soins dans les salles d’hospitalisation de l’hôpital. L’équipe des éducateurs est désormais équipée de casques virtuels, qui permettent aux patients d’entrer dans un monde virtuel et de se détendre pendant les soins.

Plonger parmi les dauphins, se balader dans la montagne, explorer l’espace ou tout simplement se connecter sur internet pour regarder un petit film : c’est l’évasion en 2D, 3D ou 4D. Les éducateurs expliquent leur méthode : « Nous testons le premier ressenti avant les soins, pour que les patients choisissent une application qui leur plaît et qu’ils s’habituent à leur environnement. Le réalisme des visuels est vraiment bluffant et permet de se concentrer facilement sur autre chose. Donc quand le soin commence, les patients sont plus détendus. Pas de casque audio cependant. Nous tenons à ce que le contact voix avec les soignants soit maintenu, pour éviter les mouvements brusques, etc. »

Les retours sont positifs tant du côté des patients et leurs parents que du personnel. Le casque virtuel vient renforcer le programme de distraction mené avec succès dans les salles d’hospitalisation de l’hôpital.

Merci à l’association Mac Jump pour ce don.

 

31/05 – Journée mondiale sans tabac

10ème campagne prévention tabac « Une cigarette contre une pomme »

Conscients des effets néfastes du tabagisme sur la santé et l’environnement et mesurant la difficulté pour les fumeurs motivés à parvenir à un sevrage durable et confortable, le CHU Brugmann et l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola, membres du Réseau Européen Hôpital Sans Tabac organisent pour la dixième année consécutive une journée de sensibilisation pour le grand public et les professionnels de la santé au cours de laquelle diverses activités sont prévues :

  • En psychiatrie (matin) : stand de sensibilisation et distribution de pommes (Dr Lustygier)
  • A l’HUDERF (matin et à 15 h) : stand de sensibilisation, distribution de pommes et mesures du CO expiré (Dr Hanssens, Dr Conesa et Mme Burny)
  • Sur le site Horta (devant l’auditoire du PP Lambert, à 14h) : stand de sensibilisation, distribution de pommes et mesures du CO expiré (Dr Conesa et Mme Burny)
  • Sur le site Brien (13h30) : stand de sensibilisation et distribution de pommes (Mme Rassart). Exposé intitulé « Tabacologie, aspects médicaux et socio-économiques » à 12h30 (Dr Conesa)

Programme_Campagne HUDERF CHUBrugmann

Bientôt un Centre d’aide aux fumeurs (CAF) multidisciplinaire au CHU Brugmann

Un Centre d’aide aux fumeurs (CAF) multidisciplinai qui va regrouper toutes les forces vives qui luttent contre le tabagisme au CHU Brugmann et à l’HUDERF va s’implanter dans la nouvelle polyclinique du CHU Brugmann dès son ouverture. Il s’agit d’un bel exemple de collaboration transversale entre médecins et paramédicaux impliqués dans la lutte contre le tabagisme, ainsi qu’entre hôpitaux labellisés sans tabac.

Les effets du tabagisme sur la santé des enfants : une infographie pour sensibiliser les fumeurs

Pour sensibiliser les parents aux effets du tabagisme sur la santé des enfants, l’HUDERF a réalisé une infographie résumant l’importance de ne pas fumer autour des enfants. Cette campagne a été mise en place parallèlement au réaménagement des abords de l’hôpital, prévu pour éloigner les fumeurs de l’entrée.

Pourquoi vaccine t-on les bébés contre l’hépatite B ?

« Dans le monde, environ 240 millions de personnes souffrent d’une infection chronique par le virus de l’hépatite B. Et plus de 686.000 personnes meurent chaque année des suites d’une infection par l’hépatite B, notamment de cirrhose ou de cancer du foie. » OMS – Juillet 2016.

En Belgique, grâce à une couverture vaccinale élevée, moins de 2% de la population est porteuse du virus. Malgré ce faible taux, l’hépatite B reste l’une des pathologies infectieuses les plus préoccupantes.

L’hépatite B : du virus aux symptômes

L’hépatite B est une maladie contagieuse causée par le virus VHB qui s’attaque au foie. La transmission se fait par le sang ou les sécrétions corporelles. Le patient s’infecte lors de contact avec le sang (personnel de santé, transfusion,…).

Il existe également une transmission de la mère à l’enfant durant la grossesse et/ou à l’accouchement (appelée transmission verticale).

Une fois contracté, le virus peut induire une infection du foie, l’hépatite aiguë. Celle-ci peut passer inaperçue ou entraîner un tableau clinique avec jaunissement de la peau et des yeux, des maux de tête, des douleurs abdominales, des nausées et une fatigue importante. Les hépatites B aiguës peuvent, dans un cas extrême, conduire au décès.

La contraction du virus peut entraîner un autre type d’infection, l’hépatite chronique, qui va progressivement entraîner des lésions sévères et irréversibles du foie (cirrhoses et cancer du foie). Le traitement de ces pathologies du foie par chimiothérapie, thérapie antivirale et chirurgie est extrêmement lourd et présente des succès divers.

Ce risque de passage à la chronicité est d’autant plus élevé que le patient est jeune. En effet, si un nourrisson est affecté par l’hépatite B durant sa première année de vie, le risque de développer une hépatite chronique est de plus de 80%. Durant les trois années suivantes, les risques diminuent, mais restent conséquents (30 à 50%).

« Plus les enfants sont infectés jeunes par la maladie, plus le risque de développer un cancer du foie sera important », souligne Sarah Jourdain, pédiatre infectiologue au sein des Hôpitaux Iris Sud.

La prévention par la vaccination des jeunes enfants joue donc un rôle crucial. Nous disposons, en effet, d’un vaccin sûr et efficace qui empêche de développer les deux types d’infections (aiguë et chronique). Depuis 1982, plus d’un milliard de doses de vaccins ont été administrées et ont démontré non seulement leur efficacité, mais également leur innocuité.

En Belgique, le schéma vaccinal contre l’hépatite B se présente en 4 doses : la première dose à 2 mois, la deuxième à 3 mois, la troisième à 4 mois et la dernière à 15 mois. Ces 4 doses sont administrées lors de l’injection d’un vaccin combiné contre six maladies infectieuses.