L’importance du « prendre soin » au sein d’un quartier opératoire pédiatrique

Le quartier opératoire, dans un hôpital, c’est un peu la « black-box ». Nos collègues amènent leurs patients en préopératoire jusqu’à la limite autorisée et viennent les rechercher en salle de réveil, mais que s’est-il passé entre temps ? Les accès limités pour assurer la sécurité du patient créent une distance qui nourrit parfois quelques idées reçues. Technicité, travail d’équipe, sécurité physique, sécurité affective : Lauriane Rouard, infirmière chef de service à l’HUDERF, qui a exercé plusieurs années au quartier opératoire, en fait un portrait et explique la spécificité du métier infirmier dans ce milieu.

L’anatomie spécifique de l’enfant, les pathologies pédiatriques… Parfois obstacles à certaines interventions, parfois atouts pour d’autres traitements… La version pédiatrique de l’art opératoire nécessite la représentation de nombreuses disciplines opératoires ; avec leurs techniques, équipements, équipes toutes dédiées spécifiquement à la pédiatrie. Nous le répétons souvent ici à l’HUDERF, dans les écoles où nous donnons cours, lors des formations que nous offrons : un enfant n’est pas un adulte en miniature et c’est particulièrement vrai en chirurgie. Une connaissance approfondie de l’anatomie et de la physiopathologie de l’enfant à toutes les étapes de son évolution revêt une importance capitale dans la compréhension des techniques chirurgicales. C’est d’ailleurs le bagage indispensable pour toute infirmière de salle d’opération, pour qui la capacité d’anticiper l’acte chirurgical et la technique d’anesthésie repose sur une compréhension de tous les facteurs les influençant.

Un travail d’équipe donc, où le jeune patient est toujours au centre d’un trinôme solide comprenant un chirurgien, un anesthésiste et infirmier. Chacun détient un rôle essentiel pour le patient, notamment en matière de sécurité opératoire que l’on améliore via la check-list de sécurité et la rigueur de chacun. Conscients de l’importance de ces brefs moments d’échange, nous mettons tout en œuvre pour instaurer un climat de confiance et entourer au mieux le patient et sa famille. Dans ce milieu hyper technique, les besoins fondamentaux du jeune patient et de sa famille ne peuvent pas être oubliés. Le patient pédiatrique transitant par le quartier opératoire est et reste avant tout un individu à part entière, au sein d’une famille où parents et fratries sont parfois en détresse face à la pathologie ou au traitement. Et une bonne prise en charge ne va pas sans assurer la sécurité affective du patient. Un parent accompagne son enfant en pré et postopératoire en salle de réveil et même jusqu’en salle d’opération le temps de l’induction. Quand l’enfant est endormi, le personnel raccompagne maman ou papa sur le chemin de la sortie : nous viendrons les chercher quand l’opération sera finie.

Vous l’aurez compris, le rôle de l’infirmière dans cet environnement ne se cantonne pas à la seule salle d’opération, même si les tâches y sont déjà diversifiées : circulante, instrumentiste, assistance opératoire, aide à l’anesthésie… Ce métier nécessite une attention et une curiosité de tous les instants. Que ce soit dans le cadre d’une hospitalisation ou d’une prise en charge ambulatoire, dans la salle de réveil également, les infirmières doivent être à l’aise avec les enfants et soigner l’accueil des familles. La gestion de la douleur, multimodale, est également spécifique en pédiatrie. Chaque enfant doit être pris en charge de manière individualisée et dans ce milieu de haute technologie, le « prendre soin » doit rester en permanence au centre de nos préoccupations.

Lauriane Rouard


Eté 2019 : ouverture du nouveau quartier opératoire

Durant l’été 2019, un nouveau quartier opératoire ouvre à l’Hôpital des Enfants : un plateau de plus de 2000 m² dans de tout nouveaux locaux. Quatre salles de chirurgie traditionnelle ; ainsi que trois salles de chirurgie ambulatoire ouvrent leurs portes, dans une infrastructure qui a été pensée pour le confort des patients, l’accès aux technologies de pointe (salle hybride, robot chirurgical) et le bien-être du personnel.

Plus d’informations : Blog & www.huderf.be

Salle d’opération One Day – Crédit Olipirard


Nous recrutons ! www.job.huderf.be

 

 

 

Enfant tyran : comment (ré)agir ? Illustration du modèle de la Résistance Non Violente à l’Hôpital des Enfants

Tous les parents vous le diront, élever un enfant ou un adolescent est un travail en soi, qui demande énormément d’énergie au quotidien. Certains enfants sont, par ailleurs, plus « difficiles », ils peuvent avoir des réactions disproportionnées et se montrer parfois violents et agressifs aussi bien envers eux-mêmes qu’envers autrui. Ils sont ce qu’on appelle dans le jargon pédopsychiatrique des « enfants tyranniques ». Comment réagir face à ce genre de comportement (auto)destructeur ? Illustration avec l’équipe de pédopsychiatrie de l’Hôpital des Enfants, qui applique les principes de Résistance Non Violente à la psychothérapie pour désamorcer ou prévenir les conflits, tous les jours.

 

Pendant longtemps, deux modèles d’éducation se sont confrontés. D’une part, le modèle autoritaire où le cadre de l’éducation est très strict, réprimandes, menaces et punitions sont alors à l’œuvre. D’autre part, le modèle de liberté où les limites de ce cadre sont au contraire très souples, donnant peu de contraintes à l’enfant.

Il apparait que ces deux modèles ont chacun leurs intérêts mais aussi des défauts. En effet, certains problèmes de comportement peuvent survenir dans les deux cas : délinquance, manque de confiance en soi… En somme, un modèle n’est pas mieux qu’un autre… Un 3ème modèle, une sorte d’en-deux ou comme le présente son créateur Haim Homer « une nouvelle autorité », a émergé.

Un 3ème modèle d’éducation : la Résistance Non Violente

Haïm Omer est professeur de psychologie à l’Université de Tel-Aviv. Lorsqu’il rencontre des parents dépourvus d’outils d’éducation pour gérer le comportement agressif de leur enfant, l’idée lui vient de décliner le principe de Résistance Non Violente (RNV) à la psychothérapie.

La Résistance Non Violente est un concept qui s’applique à plusieurs domaines, notamment aux doctrines sociaux-politiques. Gandhi, Martin Luther King ou encore Rosa Parks sont de véritables pionniers de ce concept. Lorsque Rosa Parks refuse de céder sa place à un homme blanc pour aller s’asseoir au fond du bus, dans la zone « réservée aux Noirs », elle fait alors preuve de Résistance Non Violente.

Dans le champ de la pédopsychiatrie, ce concept est tout à fait transposable afin de trouver des clés d’éducation face aux enfants et adolescents violents et autodestructeurs.

Canaliser les comportements violents de l’enfant : plus facile à dire qu’à faire

Lorsqu’un comportement violent est adopté par l’enfant, les parents ont peur de perdre le contrôle, ils vont donc naturellement essayer de trouver une solution immédiate pour tenter d’arrêter la crise. Souvent ces solutions ne s’inscrivent pas sur le long terme, ce qui fait que d’autres crises surviennent, un cercle vicieux aura tendance à s’installer. Au début, les parents se confronteront au comportement de leur enfant, cela va alors participer à l’escalade de violence entre parent-enfant. Finalement, pour arrêter la violence, éviter les représailles ou lorsque l’enfant arrive à inquiéter ses parents, ceux-ci n’ont d’autre choix que de se soumettre et de céder à sa demande. Ce cercle vicieux entraîne un désinvestissement du rôle parental : une relation conflictuelle s’instaure, il n’y a plus de moments de qualité partagés entre parent et enfant.

Faire évoluer les comportements des parents pour faire évoluer ceux de l’enfant

Appliquer le principe de Résistance Non Violente repose en premier lieu sur une évolution du comportement des parents avant de faire évoluer celui de l’enfant. En ce sens, la RNV s’appuie sur plusieurs piliers qui vont permettre aux parents de canaliser la violence et ne pas l’alimenter :

  • Restaurer la présence parentale : le fait d’être ensemble réellement, de partager des choses, de transmettre à l’enfant, « je suis présent, tu ne peux pas te séparer de moi, je serai et resterai là, peu importe ce que tu fais »
  • Lever le voile du secret pour les parents : souvent les parents d’enfant tyrannique ressentent un sentiment de honte et de culpabilité face au comportement de leur enfant. Cependant il est primordial de créer un réseau de soutien sur qui les parents peuvent compter.
  • Répondre à la demande en différé : ne pas répondre directement à l’enfant mais prendre le temps de la réflexion. Lorsque la réponse est donnée rapidement, les conflits arrivent. Un « je vais y réfléchir » sera toujours mieux qu’une réponse directe et définitive.
  • Ne pas adopter un modèle punitif : cela ne fonctionne pas sur ce type d’enfant au comportement agressif.
  • Accepter les silences : lorsqu’une décision est prise par le parent, il n’y a pas besoin d’argumenter ou d’expliquer les raisons de celle-ci.

L’application professionnelle au sein du service de pédopsychiatrie

Un des outils phare de l’équipe du service est la lettre-déclaration. Lorsqu’un enfant de l’unité a fait preuve d’un comportement violent, plusieurs professionnels se réunissent et rédigent une lettre à son intention, qui décrit de manière précise le comportement qui n’est pas toléré. Les professionnels et l’enfant se réunissent ensuite dans une salle, où la lettre lui est lue à haute voix. A la fin de la lecture, l’équipe de pédopsychiatrie sort de la salle, donne la lettre et laisse le jeune seul. Un second temps de rencontre aura lieu plus tard afin que l’équipe et l’enfant échangent sur la lettre.

De manière générale, l’équipe de pédopsychiatrie veille à intégrer le parent dans ce mode de prise en charge. Ainsi dès le début de l’hospitalisation de leur enfant, les parents reçoivent un guide qui présente la démarche suivie au sein de l’hôpital et ils sont également intégrés lors d’actions concrètes, comme c’est le cas pour la lettre-déclaration. Les parents participent à la rédaction de la lettre mais sont impliqués également lors de sa lecture (en tant que simple participant ou lecteur). Intégrer le parent dans la démarche initiée à l’hôpital est important puisque cela le valorise dans son rôle parental mais lui donne aussi des moments d’expérimentation de la RNV qui pourront l’aider par la suite lorsque l’enfant rejoindra le foyer familial. Il s’agit en effet de créer des ponts entre ce qui se passe au sein de l’unité de soins mais aussi en dehors. L’objectif étant d’instaurer une continuité de la démarche qui permettra une amélioration du comportement sur le long terme, et non pas uniquement dans un cadre donné.

Cet outil, parmi d’autres, a un impact important puisqu’il démontre une implication de la figure d’adulte (parent ou professionnel). Non seulement il illustre la présence de l’adulte mais il montre aussi à l’enfant qu’il n’est pas seul.

Une méthode qui a déjà fait ses preuves

Au sein de l’Hôpital des Enfants, les professionnels de pédopsychiatrie ont déjà vu les effets bénéfiques de la démarche RNV. Les enfants et adolescents se montrent plus respectueux envers les adultes, ils participent davantage aux activités qui leur sont proposées et les situations de violence se sont raréfiées. En ce sens, cette démarche participe fortement à l’humanisation des soins.

La Résistance Non Violente, lorsqu’elle est adaptée à chaque enfant, représente donc une solution face au comportement violent et agressif des enfants tyrans. Il n’existe pas de tranche d’âge spécifique pour appliquer cette méthode, son efficacité réside dans l’adaptation qui en sera faite auprès de l’enfant, ses difficultés et sa pathologie. Par exemple, concernant la lettre-déclaration, celle-ci ne sera pas rédigée de la même manière pour un enfant de 7 ans que pour un adolescent de 17 ans.

 

A propos du concept de RNV à l’Hôpital des Enfants

C’est en 2017 que ce concept a rejoint les pratiques de prise en charge de l’équipe de pédopsychiatrie de l’Hôpital des Enfants. Pendant un an, l’ensemble de l’équipe, tous métiers confondus -pédopsychiatre, assistante sociale, infirmière, psychologue- s’est formé à la Résistance Non Violente. Aujourd’hui la RNV est davantage développée en Flandre qu’en Belgique francophone. Ce sont d’ailleurs les équipes de l’Universitair Ziekenhuis Brussel qui sont venues former les professionnels de l’Hôpital des Enfants.

 

Vous souhaitez en savoir plus sur le sujet ? Voici quelques ressources intéressantes :

  • Omer, Haim, et Uri Weinblatt. « Résistance non violente : guide pour les parents d’adolescents présentant des comportements violents ou autodestructeurs », Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux, vol. no 34, no. 1, 2005, pp. 77-105.
  • OMER Haim, La résistance non violente, une nouvelle approche des enfants violents et autodestructeurs, 2eme édition DeBoeck Supérieur, « Carrefour des psychothérapie », 2017, 234 pages.

Le nouveau quartier opératoire en images

Nous avons arpenté les 2.000 m² du nouveau quartier opératoire pour capturer les coulisses du déménagement ainsi que de l’ouverture du nouveau quartier opératoire de l’Hôpital des Enfants cet été. Des locaux lumineux, accueillants, conçus pour le confort des patients et du personnel; avec 7 salles d’opération dotées des dernières technologies pour soutenir l’activité des équipes du quartier.

Bienvenue au sein du bâtiment Professeur Vis !

Photos @olipirard

 

 

 

 

 

Août 2019 – Ouverture de la One Day

Florian, le premier patient de la One Day, avec son anesthésiste…

Et son infirmier !

Salle d’opération One Day

Les infirmières préparant le lit du prochain patient attendu

Malcolm et son infirmier en One Day. Un de nos premiers patients !

Nos super-héros accompagnent les patients durant tout leur parcours en One Day !

L’équipe infirmière au travail

 

Juillet 2019 – Déménagement du quartier opératoire

Photos @HUDERF

Les plateaux d’instruments sont préparés

Classer, ranger, organiser

Défaire les cartons, ordonner…

L’activité continue dans le reste de l’hôpital, il y a des entrées à organiser !

Et les équipes administratives prêtent main forte !

Les informaticiens équipent les postes infirmiers

Alors que l’antenne stérili est prête à accueillir les instruments après les premières opérations

Au scrub les roulettes !

Les biotechniciens font les réglages

Nettoyage intensif dans les blocs opératoires

Alors que les anesthésistes et les biotechniciens organisent leur matériel

Couloir menant aux salles d’opération de One Day

Formations au bloc opératoire avant le grand nettoyage final et l’accueil des patients

Les équipes infirmières préparent l’arrivée des patients

Dernier passage de l’équipe d’entretien

Le quartier opératoire est maintenant pleinement opérationnel…

L’un des quatre blocs du nouveau quartier opératoire : on y retrouve aussi les super-héros

Les équipes ont pris possession de leurs nouveaux locaux

Des salles d’opération connectées

L’antenne de stérilisation est au coeur du quartier opératoire

En pleine préparation pré-intervention

Tout le monde doit revêtir sa blouse !

Dans les coulisses d’une intervention

Au même moment, dans le bloc opératoire voisin, une autre opération a lieu

Surveiller les signes vitaux du patient pendant l’opération, telle est la mission de l’anesthésiste.

Au quartier opératoire, il n’est pas rare de croiser des visages souriants !

 

 

De l’Hôpital des Enfants à un projet collaboratif de soins pour les enfants

Portrait de l’évolution du projet de l’Hôpital des Enfants, de son implémentation sur le site Horta au développement de synergies au service des patients et à son futur au sein d’un réseau de soins hospitalier élargi.

L’hôpital des enfants, conçu sur l’idée de Robert Dubois en 1954, aurait dû au départ être construit comme l’avait imaginé Henri Simonet, Président de l’ULB en 1973, soit à côté du CHU Saint-Pierre, soit sur le site du futur Hôpital Érasme à Anderlecht. Il a été finalement associé à l’Hôpital Brugmann et a accueilli ses premiers patients en 1986. «Au départ, les directions générale et médicale, ainsi que le Conseil médical, étaient communs avec le CHU Brugmann», rappelle le Pr Georges Casimir, Directeur général médical de l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola (HUDERF).

Mères et enfants dans le même mouvement

Le sens de cette proximité ? Avant tout, proposer un service de choix aux patients. Les services d’anesthésie et de chirurgie cardiaque sont par exemple communs aux hôpitaux adultes et enfants, ce qui permet à tous de bénéficier des meilleurs soins et des technologies les plus pointues. «Par ailleurs, la maternité du CHU Brugmann et la néonatalogie de l’HUDERF sont associées pour les 4 à 6% de cas où la grossesse est à risque. La maman doit alors pouvoir accoucher à côté d’une structure pédiatrique de pointe, sinon presque dedans, de façon à ce que les pédiatres n’aient qu’à tendre les bras pour recevoir le bébé», résume le Pr Casimir.

Soigner ensemble

Autre façon de conjuguer les forces des deux hôpitaux, et d’y adjoindre celles de l’Hôpital Érasme : la transition, pour les enfants atteints de maladies chroniques, vers la médecine adulte. Un enfant qui grandit doit en effet quitter la pédiatrie pour être pris en charge par la médecine des adultes. C’est d’ailleurs de plus en plus fréquent puisque l’espérance de vie des enfants atteints de maladies chroniques graves, comme la mucoviscidose, augmente très rapidement. «On ne peut plus hospitaliser à l’HUDERF des gens qui ont des poils aux jambes et dont les pieds dépassent du lit», dit en souriant le Pr Casimir. La solution est de faire venir à l’Hôpital des Enfants les médecins qui suivront les futurs adultes. «Nous travaillons en collaboration avec les membres du personnel soignant pendant deux ou trois ans, au moment où nos patients entrent dans l’adolescence. Ce processus de transition existe depuis une dizaine d’années et aujourd’hui on constate que les gens en sont satisfaits, voire viennent chez nous pour cela; c’est une belle réussite.»

Le futur dans la diversité

Pr Casimir, directeur général médical

L’avenir du campus Osiris? Il se conjuguera sûrement au pluriel, dans un ensemble plus grand encore qui réunira tous les hôpitaux publics et l’ULB avec son hôpital académique à Bruxelles: Érasme, Saint-Pierre et l’Institut Bordet, en plus du CHU Brugmann et de l’HUDERF. Ce nouvel ensemble comptabiliserait 1.200.000 consultations par an, ce qui lui donnerait la taille du deuxième CHU de France, celui de Lille. Concentrer les compétences et les patients, c’est une priorité dans la médecine moderne. Pour amortir des machines sophistiquées mais aussi, et surtout pour augmenter la qualité des soins : regrouper tous les cas rares d’une même maladie dans le même hôpital accroît le nombre de cas qu’un médecin spécialiste aura l’occasion de traiter, ce qui le rendra plus performant.

Ce grand ensemble est souhaitable, mais dans le respect de ce qui existe, explique le Pr Casimir. «Les grandes structures déshumanisent, et en ce moment les petits villages redeviennent à la mode… Nous devons nous garder de faire disparaître l’humain et les cultures de proximité.» C’est en les respectant que l’hôpital à venir pourra profiter de l’immense chance que représente toute la diversité de la Région bruxelloise.

 

Source : extrait d’Osiris News – Juin 2019

www.huderf.be

Retrospective de 15 ans de rénovations à l’Hôpital des Enfants

En une quinzaine d’années, c’est l’ensemble de l’hôpital qui a été reconstruit ! Petite cartographie non exhaustive des chantiers passés et à venir.

Projet Professeur Vis : une nouvelle aile pour l’Hôpital des Enfants !

Maintes fois repensé et reprogrammé, le bâtiment Henri Vis, situé le long de l’avenue Crocq, aurait initialement dû accueillir un service d’Urgences, un Quartier opératoire, une stérilisation et un département de radiologie communs au CHU Brugmann et à l’HUDERF.

«Ce faisant, les travaux de rénovation et de nouvelles constructions se sont poursuivis sur les différents sites, et le projet Vis a été postposé pour diverses raisons, notamment budgétaires et en lien avec la programmation de l’hôpital», relate Eric Renière. Le gros oeuvre de cet édifice trait d’union entre l’HUDERF et le CHU Brugmann a finalement débuté en 2012. Le Vis «dernière mouture» accueillera la «one day» chirurgicale, le Quartier opératoire, les Urgences et la pédopsychiatrie de l’HUDERF, ainsi que la néonatologie non intensive du CHU Brugmann. La mise en exploitation des premiers services est prévue pour l’été 2019.

La poursuite de l’aménagement du plateau ambulatoire est également au programme.

Rénovations en cascades des unités de soins 

Les unités de soins ne sont pas en reste ! Les aménagements des 5e et 6e étages, entamés en 2010, ont notamment permis d’accueillir des unités de soins oncologiques et pédiatriques, ainsi que la dialyse. Les soins intensifs et la néonatologie ont été rénovés suite à l’extension du bâtiment au niveau +1. Ces travaux ont permis la rénovation en cascade des unités de soins jusqu’en 2015.

Les lits K1 et K (pédopsychiatrie) ont été installés respectivement au 3e étage et dans une annexe au bâtiment He afin de pouvoir accueillir un total de 15 patients supplémentaires. Une unité Parents-Bébé et une unité de prise en charge précoce de l’autisme (APPI) ont vu le jour. En 2016, l’Hôpital des enfants a inauguré une plaine de jeux extérieure et a revu sa signalisation externe. Le service radiologie a aménagé un espace dédié à une toute nouvelle technologie, l’EOS. Les secteurs de l’ORL, de la stomatologie et de la pédiatrie générale ont été rénovés en 2017. La maternelle thérapeutique, qui était installée à Koekelberg, a été rapatriée sur le site Horta début septembre 2018 suite au déménagement de la kinésithérapie dans la nouvelle polyclinique Madeleine Lejour du CHU Brugmann.

 

 

 

 

Des rénovations encore sur le campus Horta au coeur des services partagés

  • La stérilisation a été rénovée entre 2015 et 2017
  • Le remplacement de la cogénération a été réalisé en 2017
  • Le Département des Ressources Humaines du CHU de Bruxelles a pris ses quartiers sur le campus Horta en 2015
  • Le bâtiment B accueillera une crèche réaménagée dont la capacité sera doublée par rapport aux locaux actuels, permettant l’accueil de 98 enfants des membres du personnel.

Pas que cosmétique

Bien davantage que de simples «liftings», les cures de jouvence offertes aux hôpitaux HUDERF et CHU Brugmann visent à moderniser les installations, tant en termes de confort que d’un point de vue technique. «Il s’agit notamment de s’adapter aux derniers standards technologiques dans la pratique médicale», explique Eric Renière, Directeur des Départements de Support du groupement Osiris HUDERF – CHU Brugmann. «Chaque projet de rénovation constitue par ailleurs une opportunité à saisir pour améliorer le fonctionnement global des services.»

C’est ainsi qu’une série de projets relatifs à la consommation d’énergie ont été menés à bien ces dernières années (travaux d’isolation, nouvelles chaudières, optimalisation du réseau de chaleur, obtention de certificats verts…). «Outre les bénéfices environnementaux, ces initiatives nous ont permis d’engranger des économies substantielles», indique Eric Renière. «Nous étudions d’ailleurs actuellement la possibilité d’installer des panneaux solaires sur les deux établissements du site Horta, puis sur l’hôpital de Brien d’ici quelques mois.»

«Un hôpital qui ne se transforme pas est un hôpital qui meurt. Se lancer dans de grands projets de rénovation, se réinventer, se reconstruire… est primordial pour l’établissement. Et maintenir les 240.000 m2 du campus constitue un défi de tous les jours! L’hôpital vit, évolue et se transforme pour répondre aux besoins des professionnels de la santé qui y travaillent et des patients qui y sont soignés»

Eric Renière, Directeur des Départements de Support du groupement Osiris HUDERF – CHU Brugmann

Extraits d’Osiris News mai 2019

www.huderf.be

Prise en charge et droits des patients : tout change !

À l’hôpital, on ne fait pas que soigner: la prise en charge des patients suppose un travail administratif important. Celui-ci a complètement changé au cours de ces 15 dernières années…

D’un monde où l’on tape à la machine, sous la dictée, les remarques d’un médecin à propos d’une consultation à celui où ces mêmes données sont introduites dans un logiciel informatique au moment même où le patient répond, et peuvent ensuite être transmises en une fraction de seconde jusqu’au bout du monde, l’administration hospitalière a changé du tout au tout. Pour dresser un portrait de son évolution, nous avons rencontré Thérèse Locoge, Directrice juridique du CHU de Bruxelles, et Myriam Damblon, responsable Administratif et Financier de l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola (HUDERF).

Une prise en charge globale de chaque patientThérèse Locoge et Myriam Damblon

L’une des tendances les plus marquées de l’évolution de la médecine depuis une quinzaine d’années est la prise en charge globale du patient. Pour de très nombreuses pathologies, il est en effet devenu évident qu’un médecin seul ne peut pas tout résoudre. Il est nécessaire d’avoir des spécialistes de différents aspects de la maladie, et des professions paramédicales en soutien. Ainsi pour un problème de thyroïde on peut avoir besoin d’un(e) chirurgien(ne), d’un(e) endocrinologue, et d’un(e) diététicien(ne) en cas de problèmes de surpoids lié à un trouble hormonal. C’est ce qui explique la généralisation de la structure en «cliniques» (du poids, du diabète, du dos…) qui permettent aux patients d’avoir un seul point de contact où l’entièreté de leur pathologie est prise en charge.

Des dossiers complexes

D’un point de vue administratif, cela a des conséquences importantes. Là où, dans le passé, les patients devaient prendre trois rendez-vous dans trois services s’ils avaient besoin de trois spécialistes, aujourd’hui une seule secrétaire prend en charge l’organisation de tout un trajet de soins. «Les secrétaires sont devenues expertes en gestion de dossiers complexes. Elles prennent les rendez-vous directement, en tenant compte des possibilités des médecins, des patients et des examens qui sont nécessaires à chaque étape», explique Myriam Damblon.

Le double mouvement de l’informatisation

Le rôle de l’informatique est bien entendu fondamental dans tous ces changements: sans la digitalisation, il serait par exemple impossible de vérifier qu’un patient ne s’est pas trompé en donnant son adresse. Mais du point de vue des secrétaires, l’impact de l’informatisation est double et un peu paradoxal, explique Myriam Damblon: «D’un côté il y a beaucoup moins de travail. Les dactylographes par exemple, qui devaient prendre en dictée tout le contenu des remarques des médecins, ont pratiquement vu cette tâche disparaître. Aujourd’hui, sauf exception, les médecins entrent directement les données dans un logiciel spécialisé. Mais d’un autre côté, les secrétaires sont aujourd’hui contraintes à beaucoup plus de flexibilité dans leur travail quotidien. Et les tâches administratives se sont multipliées. La quantité de travail n’a donc pas diminué».

Comment donner confiance dans ce nouvel univers ?

Face à une évolution aussi rapide et aussi profonde, la législation doit s’adapter. La question du secret médical est au coeur de nombreuses controverses aujourd’hui, alimentées par le fait que partager des informations médicales est faisable en quelques clics. Mais il y a un effet d’optique à ne pas négliger, souligne Thérèse Locoge: «Quand les dossiers médicaux étaient conservés sous forme de feuilles de papier stockées dans un local, il était certes plus difficile de les transmettre… mais il n’était pas possible de savoir si quelqu’un s’était introduit dans ce local, quand, et pour accéder à quoi… Alors qu’aujourd’hui, on peut toujours identifier la personne qui a eu accès à un dossier informatisé».

Un tout nouveau rôle

Dans ce contexte, l’importance du dossier médical partagé est de plus en plus apparente. Il permet à tout médecin de trouver facilement toutes les données de son patient, pour pouvoir le soigner au mieux. Encore un aspect totalement nouveau du travail des hôpitaux, qui demande un nouveau lien de confiance entre les patients et l’hôpital. C’est pour renforcer cette confiance qu’a été mis en place le fameux «RGPD» européen – Règlement Général sur la Protection des Données – qui définit les conditions auxquelles les données des patients peuvent être communiquées ou conservées.

Ne pas perdre de vue l’essentiel

Ces évolutions peuvent paraître éloignées du coeur de métier de l’hôpital: soigner les patients. Mais tout est lié: une bonne gestion des données administratives permet de dispenser aux patients les meilleurs soins sans qu’ils risquent de se retrouver face à des frais impayables pour cause de défaut d’assurance. Le partage à bon escient des données médicales est un atout important pour les patients dont la prise en charge est meilleure quand l’information est partagée. Et bien sûr tout ce qui rend l’administration de l’hôpital plus efficace a un but: permettre aux médecins de soigner les patients!

Quel impact sur le personnel ? Le nombre de personnes employées pour la dactylographie a diminué, bien sûr. Mais de nouvelles fonctions apparaissent dans l’hôpital :
> Mettre au point ou adapter les outils informatiques,
> Transformer les données entrées par les médecins en courriers tout faits, ou autres documents utilisables,
> Gérer les données personnelles,
> Etc.
Auteur : MG
Source : Osiris News (n° 50, juillet 2018 – avril 2019)

Au STOP : ayez le bon réflexe et luttez avec nous contre les infections !

Vous pouvez nous aider à protéger (nos patients) vos enfants… en vous arrêtant au STOP ! Quand vous arrivez à l’hôpital, quand vous entrez et sortez d’un service : ayez le réflexe de vous désinfecter les mains ! Toux, fièvre ou rhume ? Portez également un masque !

L’équipe de Prévention et de Contrôle des Infections Hygiène de l’Hôpital des Enfants a installé plusieurs panneaux STOP dans son enceinte. Ces panneaux sont équipés de désinfectant pour les mains ainsi que de masques de protection pour couvrir le nez et la bouche. L’objectif ? Limiter la prolifération des microbes et les infections !

L’hôpital est un lieu où de multiples maladies sont soignées et où nous luttons contre les infections. Arrêtez-vous pour effectuer ces gestes simples, et ensemble protégeons les enfants !

 

Portrait-robot mondial du Streptocoque A

Analyser les différentes souches mondiales de streptocoque A serait-il la clé pour le développement d’un vaccin contre cette bactérie ? Une étude vient d’en réaliser un atlas mondial et d’isoler une quinzaine de cibles vaccinales potentielles.

Une nouvelle étude, publiée dans Nature Genetics, vient de dresser un portrait-robot complet du Streptocoque A à travers le monde et d’identifier des cibles potentielles pour le développement d’un vaccin.

« La plupart des études génomiques existantes se focalisent sur une seule souche de la bactérie, souvent occidentale, alors qu’il existe de nombreuses variétés différentes de par le monde », explique Pierre Smeesters, partenaire de cette étude, chercheur au Laboratoire de Bactériologie Moléculaire (Faculté de Médecine) et pédiatre à l’HUDERF. Le but de cette recherche était donc de faire l’inventaire de la diversité génétique globale du Strep A, en analysant 2083 souches issues de 6 continents.

Les chercheurs sont parvenus à isoler une quinzaine de cibles potentielles pour le développement d’un vaccin contre la bactérie. Les séquences analysées sont disponibles dans un atlas en accès libre pour les chercheurs afin de favoriser le développement futur de traitements, vaccins ou médicaments.

Pierre Smeesters et sa collègue Hannah Frost ont participé à la sélection des souches de référence de l’étude. Ils ont également caractérisé trois protéines présentes à la surface de la bactérie et étudiées depuis longtemps dans leur groupe de recherche. « Nous en avons déduit que ces protéines sont plus ou moins importantes selon les régions du monde, alors que l’on pensait qu’une seule d’entre elles était essentielle », explique Pierre Smeesters.

Le Strep A est responsable d’infections bénignes telles des angines, mais également d’infections parfois mortelles comme des méningites ou encore le syndrome de choc toxique.


Source: Actus ULB