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L’importance du « prendre soin » au sein d’un quartier opératoire pédiatrique

Le quartier opératoire, dans un hôpital, c’est un peu la « black-box ». Nos collègues amènent leurs patients en préopératoire jusqu’à la limite autorisée et viennent les rechercher en salle de réveil, mais que s’est-il passé entre temps ? Les accès limités pour assurer la sécurité du patient créent une distance qui nourrit parfois quelques idées reçues. Technicité, travail d’équipe, sécurité physique, sécurité affective : Lauriane Rouard, infirmière chef de service à l’HUDERF, qui a exercé plusieurs années au quartier opératoire, en fait un portrait et explique la spécificité du métier infirmier dans ce milieu.

L’anatomie spécifique de l’enfant, les pathologies pédiatriques… Parfois obstacles à certaines interventions, parfois atouts pour d’autres traitements… La version pédiatrique de l’art opératoire nécessite la représentation de nombreuses disciplines opératoires ; avec leurs techniques, équipements, équipes toutes dédiées spécifiquement à la pédiatrie. Nous le répétons souvent ici à l’HUDERF, dans les écoles où nous donnons cours, lors des formations que nous offrons : un enfant n’est pas un adulte en miniature et c’est particulièrement vrai en chirurgie. Une connaissance approfondie de l’anatomie et de la physiopathologie de l’enfant à toutes les étapes de son évolution revêt une importance capitale dans la compréhension des techniques chirurgicales. C’est d’ailleurs le bagage indispensable pour toute infirmière de salle d’opération, pour qui la capacité d’anticiper l’acte chirurgical et la technique d’anesthésie repose sur une compréhension de tous les facteurs les influençant.

Un travail d’équipe donc, où le jeune patient est toujours au centre d’un trinôme solide comprenant un chirurgien, un anesthésiste et infirmier. Chacun détient un rôle essentiel pour le patient, notamment en matière de sécurité opératoire que l’on améliore via la check-list de sécurité et la rigueur de chacun. Conscients de l’importance de ces brefs moments d’échange, nous mettons tout en œuvre pour instaurer un climat de confiance et entourer au mieux le patient et sa famille. Dans ce milieu hyper technique, les besoins fondamentaux du jeune patient et de sa famille ne peuvent pas être oubliés. Le patient pédiatrique transitant par le quartier opératoire est et reste avant tout un individu à part entière, au sein d’une famille où parents et fratries sont parfois en détresse face à la pathologie ou au traitement. Et une bonne prise en charge ne va pas sans assurer la sécurité affective du patient. Un parent accompagne son enfant en pré et postopératoire en salle de réveil et même jusqu’en salle d’opération le temps de l’induction. Quand l’enfant est endormi, le personnel raccompagne maman ou papa sur le chemin de la sortie : nous viendrons les chercher quand l’opération sera finie.

Vous l’aurez compris, le rôle de l’infirmière dans cet environnement ne se cantonne pas à la seule salle d’opération, même si les tâches y sont déjà diversifiées : circulante, instrumentiste, assistance opératoire, aide à l’anesthésie… Ce métier nécessite une attention et une curiosité de tous les instants. Que ce soit dans le cadre d’une hospitalisation ou d’une prise en charge ambulatoire, dans la salle de réveil également, les infirmières doivent être à l’aise avec les enfants et soigner l’accueil des familles. La gestion de la douleur, multimodale, est également spécifique en pédiatrie. Chaque enfant doit être pris en charge de manière individualisée et dans ce milieu de haute technologie, le « prendre soin » doit rester en permanence au centre de nos préoccupations.

Lauriane Rouard


Eté 2019 : ouverture du nouveau quartier opératoire

Durant l’été 2019, un nouveau quartier opératoire ouvre à l’Hôpital des Enfants : un plateau de plus de 2000 m² dans de tout nouveaux locaux. Quatre salles de chirurgie traditionnelle ; ainsi que trois salles de chirurgie ambulatoire ouvrent leurs portes, dans une infrastructure qui a été pensée pour le confort des patients, l’accès aux technologies de pointe (salle hybride, robot chirurgical) et le bien-être du personnel.

Plus d’informations : Blog & www.huderf.be

Salle d’opération One Day – Crédit Olipirard


Nous recrutons ! www.job.huderf.be

 

 

 

Le nouveau quartier opératoire en images

Nous avons arpenté les 2.000 m² du nouveau quartier opératoire pour capturer les coulisses du déménagement ainsi que de l’ouverture du nouveau quartier opératoire de l’Hôpital des Enfants cet été. Des locaux lumineux, accueillants, conçus pour le confort des patients et du personnel; avec 7 salles d’opération dotées des dernières technologies pour soutenir l’activité des équipes du quartier.

Bienvenue au sein du bâtiment Professeur Vis !

Photos @olipirard

 

 

 

 

 

Août 2019 – Ouverture de la One Day

Florian, le premier patient de la One Day, avec son anesthésiste…

Et son infirmier !

Salle d’opération One Day

Les infirmières préparant le lit du prochain patient attendu

Malcolm et son infirmier en One Day. Un de nos premiers patients !

Nos super-héros accompagnent les patients durant tout leur parcours en One Day !

L’équipe infirmière au travail

 

Juillet 2019 – Déménagement du quartier opératoire

Photos @HUDERF

Les plateaux d’instruments sont préparés

Classer, ranger, organiser

Défaire les cartons, ordonner…

L’activité continue dans le reste de l’hôpital, il y a des entrées à organiser !

Et les équipes administratives prêtent main forte !

Les informaticiens équipent les postes infirmiers

Alors que l’antenne stérili est prête à accueillir les instruments après les premières opérations

Au scrub les roulettes !

Les biotechniciens font les réglages

Nettoyage intensif dans les blocs opératoires

Alors que les anesthésistes et les biotechniciens organisent leur matériel

Couloir menant aux salles d’opération de One Day

Formations au bloc opératoire avant le grand nettoyage final et l’accueil des patients

Les équipes infirmières préparent l’arrivée des patients

Dernier passage de l’équipe d’entretien

Le quartier opératoire est maintenant pleinement opérationnel…

L’un des quatre blocs du nouveau quartier opératoire : on y retrouve aussi les super-héros

Les équipes ont pris possession de leurs nouveaux locaux

Des salles d’opération connectées

L’antenne de stérilisation est au coeur du quartier opératoire

En pleine préparation pré-intervention

Tout le monde doit revêtir sa blouse !

Au même moment, dans le bloc opératoire voisin, une autre opération a lieu

Surveiller les signes vitaux du patient pendant l’opération, telle est la mission de l’anesthésiste.

Au quartier opératoire, il n’est pas rare de croiser des visages souriants !

 

 

De l’Hôpital des Enfants à un projet collaboratif de soins pour les enfants

Portrait de l’évolution du projet de l’Hôpital des Enfants, de son implémentation sur le site Horta au développement de synergies au service des patients et à son futur au sein d’un réseau de soins hospitalier élargi.

L’hôpital des enfants, conçu sur l’idée de Robert Dubois en 1954, aurait dû au départ être construit comme l’avait imaginé Henri Simonet, Président de l’ULB en 1973, soit à côté du CHU Saint-Pierre, soit sur le site du futur Hôpital Érasme à Anderlecht. Il a été finalement associé à l’Hôpital Brugmann et a accueilli ses premiers patients en 1986. «Au départ, les directions générale et médicale, ainsi que le Conseil médical, étaient communs avec le CHU Brugmann», rappelle le Pr Georges Casimir, Directeur général médical de l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola (HUDERF).

Mères et enfants dans le même mouvement

Le sens de cette proximité ? Avant tout, proposer un service de choix aux patients. Les services d’anesthésie et de chirurgie cardiaque sont par exemple communs aux hôpitaux adultes et enfants, ce qui permet à tous de bénéficier des meilleurs soins et des technologies les plus pointues. «Par ailleurs, la maternité du CHU Brugmann et la néonatalogie de l’HUDERF sont associées pour les 4 à 6% de cas où la grossesse est à risque. La maman doit alors pouvoir accoucher à côté d’une structure pédiatrique de pointe, sinon presque dedans, de façon à ce que les pédiatres n’aient qu’à tendre les bras pour recevoir le bébé», résume le Pr Casimir.

Soigner ensemble

Autre façon de conjuguer les forces des deux hôpitaux, et d’y adjoindre celles de l’Hôpital Érasme : la transition, pour les enfants atteints de maladies chroniques, vers la médecine adulte. Un enfant qui grandit doit en effet quitter la pédiatrie pour être pris en charge par la médecine des adultes. C’est d’ailleurs de plus en plus fréquent puisque l’espérance de vie des enfants atteints de maladies chroniques graves, comme la mucoviscidose, augmente très rapidement. «On ne peut plus hospitaliser à l’HUDERF des gens qui ont des poils aux jambes et dont les pieds dépassent du lit», dit en souriant le Pr Casimir. La solution est de faire venir à l’Hôpital des Enfants les médecins qui suivront les futurs adultes. «Nous travaillons en collaboration avec les membres du personnel soignant pendant deux ou trois ans, au moment où nos patients entrent dans l’adolescence. Ce processus de transition existe depuis une dizaine d’années et aujourd’hui on constate que les gens en sont satisfaits, voire viennent chez nous pour cela; c’est une belle réussite.»

Le futur dans la diversité

Pr Casimir, directeur général médical

L’avenir du campus Osiris? Il se conjuguera sûrement au pluriel, dans un ensemble plus grand encore qui réunira tous les hôpitaux publics et l’ULB avec son hôpital académique à Bruxelles: Érasme, Saint-Pierre et l’Institut Bordet, en plus du CHU Brugmann et de l’HUDERF. Ce nouvel ensemble comptabiliserait 1.200.000 consultations par an, ce qui lui donnerait la taille du deuxième CHU de France, celui de Lille. Concentrer les compétences et les patients, c’est une priorité dans la médecine moderne. Pour amortir des machines sophistiquées mais aussi, et surtout pour augmenter la qualité des soins : regrouper tous les cas rares d’une même maladie dans le même hôpital accroît le nombre de cas qu’un médecin spécialiste aura l’occasion de traiter, ce qui le rendra plus performant.

Ce grand ensemble est souhaitable, mais dans le respect de ce qui existe, explique le Pr Casimir. «Les grandes structures déshumanisent, et en ce moment les petits villages redeviennent à la mode… Nous devons nous garder de faire disparaître l’humain et les cultures de proximité.» C’est en les respectant que l’hôpital à venir pourra profiter de l’immense chance que représente toute la diversité de la Région bruxelloise.

 

Source : extrait d’Osiris News – Juin 2019

www.huderf.be

Retrospective de 15 ans de rénovations à l’Hôpital des Enfants

En une quinzaine d’années, c’est l’ensemble de l’hôpital qui a été reconstruit ! Petite cartographie non exhaustive des chantiers passés et à venir.

Projet Professeur Vis : une nouvelle aile pour l’Hôpital des Enfants !

Maintes fois repensé et reprogrammé, le bâtiment Henri Vis, situé le long de l’avenue Crocq, aurait initialement dû accueillir un service d’Urgences, un Quartier opératoire, une stérilisation et un département de radiologie communs au CHU Brugmann et à l’HUDERF.

«Ce faisant, les travaux de rénovation et de nouvelles constructions se sont poursuivis sur les différents sites, et le projet Vis a été postposé pour diverses raisons, notamment budgétaires et en lien avec la programmation de l’hôpital», relate Eric Renière. Le gros oeuvre de cet édifice trait d’union entre l’HUDERF et le CHU Brugmann a finalement débuté en 2012. Le Vis «dernière mouture» accueillera la «one day» chirurgicale, le Quartier opératoire, les Urgences et la pédopsychiatrie de l’HUDERF, ainsi que la néonatologie non intensive du CHU Brugmann. La mise en exploitation des premiers services est prévue pour l’été 2019.

La poursuite de l’aménagement du plateau ambulatoire est également au programme.

Rénovations en cascades des unités de soins 

Les unités de soins ne sont pas en reste ! Les aménagements des 5e et 6e étages, entamés en 2010, ont notamment permis d’accueillir des unités de soins oncologiques et pédiatriques, ainsi que la dialyse. Les soins intensifs et la néonatologie ont été rénovés suite à l’extension du bâtiment au niveau +1. Ces travaux ont permis la rénovation en cascade des unités de soins jusqu’en 2015.

Les lits K1 et K (pédopsychiatrie) ont été installés respectivement au 3e étage et dans une annexe au bâtiment He afin de pouvoir accueillir un total de 15 patients supplémentaires. Une unité Parents-Bébé et une unité de prise en charge précoce de l’autisme (APPI) ont vu le jour. En 2016, l’Hôpital des enfants a inauguré une plaine de jeux extérieure et a revu sa signalisation externe. Le service radiologie a aménagé un espace dédié à une toute nouvelle technologie, l’EOS. Les secteurs de l’ORL, de la stomatologie et de la pédiatrie générale ont été rénovés en 2017. La maternelle thérapeutique, qui était installée à Koekelberg, a été rapatriée sur le site Horta début septembre 2018 suite au déménagement de la kinésithérapie dans la nouvelle polyclinique Madeleine Lejour du CHU Brugmann.

 

 

 

 

Des rénovations encore sur le campus Horta au coeur des services partagés

  • La stérilisation a été rénovée entre 2015 et 2017
  • Le remplacement de la cogénération a été réalisé en 2017
  • Le Département des Ressources Humaines du CHU de Bruxelles a pris ses quartiers sur le campus Horta en 2015
  • Le bâtiment B accueillera une crèche réaménagée dont la capacité sera doublée par rapport aux locaux actuels, permettant l’accueil de 98 enfants des membres du personnel.

Pas que cosmétique

Bien davantage que de simples «liftings», les cures de jouvence offertes aux hôpitaux HUDERF et CHU Brugmann visent à moderniser les installations, tant en termes de confort que d’un point de vue technique. «Il s’agit notamment de s’adapter aux derniers standards technologiques dans la pratique médicale», explique Eric Renière, Directeur des Départements de Support du groupement Osiris HUDERF – CHU Brugmann. «Chaque projet de rénovation constitue par ailleurs une opportunité à saisir pour améliorer le fonctionnement global des services.»

C’est ainsi qu’une série de projets relatifs à la consommation d’énergie ont été menés à bien ces dernières années (travaux d’isolation, nouvelles chaudières, optimalisation du réseau de chaleur, obtention de certificats verts…). «Outre les bénéfices environnementaux, ces initiatives nous ont permis d’engranger des économies substantielles», indique Eric Renière. «Nous étudions d’ailleurs actuellement la possibilité d’installer des panneaux solaires sur les deux établissements du site Horta, puis sur l’hôpital de Brien d’ici quelques mois.»

«Un hôpital qui ne se transforme pas est un hôpital qui meurt. Se lancer dans de grands projets de rénovation, se réinventer, se reconstruire… est primordial pour l’établissement. Et maintenir les 240.000 m2 du campus constitue un défi de tous les jours! L’hôpital vit, évolue et se transforme pour répondre aux besoins des professionnels de la santé qui y travaillent et des patients qui y sont soignés»

Eric Renière, Directeur des Départements de Support du groupement Osiris HUDERF – CHU Brugmann

Extraits d’Osiris News mai 2019

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De la chirurgie mini-invasive à la robotique, l’histoire d’une révolution

Petite cicatrice grand chirurgien ? Historique de l’évolution de la chirurgie de l’enfant grâce aux techniques mini-invasives et à la chirurgie robotique. Un billet du Pr Steyaert, chef de service de chirurgie à l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola.

Nous sommes en 1988. Deux chirurgiens français présentent à Paris un film sur l’ablation de la vésicule biliaire sans faire pratiquement de cicatrice. Incompréhension dans la plupart des services universitaires où l’on sait depuis toujours « qu’une grande chirurgie se fait avec de grandes cicatrices ». Succès phénoménal dans les revues féminines parisiennes qui, toutes, vont faire leur « une » de la chirurgie sans cicatrice.

Puis les pionniers vont peu à peu prendre en main cette nouvelle technique, collaborer avec les entreprises pour développer instruments et environnement chirurgical. Un peu moins de 25 années d’une aventure fantastique commence à travers le monde entier. Les études scientifiques vont peu à peu ajouter une pierre à l’édifice en montrant que l’abord mini-invasif a drastiquement diminué les éventrations, les adhérences postopératoires et les infections de paroi. L’effet de la diminution de la douleur postopératoire du fait de la préservation musculaire sera souvent impressionnant. Mieux, cette technique utilisant un grossissement systématique va permettre une diminution importante des pertes sanguines ainsi qu’une dissection plus précise, diminuant souvent la morbidité.

Tout cela fera que des chirurgies parfois lourdes se feront de plus en plus sur des durées parfois très courtes d’hospitalisations, voire en hôpital de jour. Cette chirurgie va très vite se développer en dehors des cavités naturelles, le chirurgien créant son propre espace le temps d’une intervention, ce qui fera dire aux chirurgiens américains qu’il s’agit là de la « Second French Revolution » : pas moins !

Reste que cette chirurgie est plus difficile du fait de la vue réduite à deux dimensions (on regarde des écrans) et du fait de la limitation des mouvements du poignet à cause des trocarts. Qu’à cela ne tienne : la Silicon Valley s’est mise de la partie pour développer un robot chirurgical qui va résoudre cette quadrature du cercle. On travaille dans une console recréant la troisième dimension (comme au cinéma !). On utilise toute la mobilité de son poignet par un mécanisme miniaturisé complexe créé au bout de chaque instrument. On peut même opérer à très grande distance du malade (voir l’opération Lindbergh effectuée par le Prof. Marescaux de New York sur une patiente endormie à Strasbourg !). Même les instruments qui se croisent, si l’on veut tout faire par le même orifice (souvent le nombril), ne sont pas un problème pour le robot puisque l’électronique vous mettra l’instrument dans la bonne main, qu’il vienne de droite ou de gauche.

La robotique et les salles d’opération totalement intégrées ouvrent de nombreuses perspectives encore inconnues. Les professeurs d’université avaient bien tort; il ne s’agissait pas que d’un souci de cicatrice; encore que subir une ablation de la rate en ne voyant absolument pas par où le chirurgien est passé reste tout de même étonnant ! Un grand chirurgien est peut-être maintenant celui qui fait les plus petites cicatrices ! Depuis un peu plus de 30 ans, cette approche mini-invasive globale de nos petits patients est  au centre de notre philosophie. Progressivement, cette pratique intégrée dans notre prise en charge !

 

Curieux d’en apprendre plus sur le robot chirurgical et la chirurgie mini-invasive ?

https://www.huderf.be/fr/med/chir/robot.asp

 

L’humanisation : une philosophie de soins

En pédiatrie, l’enfant conditionne la manière dont le personnel interagit avec lui ; définit presque insensiblement un profil des professionnels qui ont choisi de lui vouer leur vie. Il faut de la douceur, de l’authenticité, une pincette d’humour, une compassion justement exprimée ; bref, ce que Pythagore résumait en -450 avant le Christ par ces mots intemporels : « L’homme n’a jamais été aussi grand que lorsqu’il est à genoux pour s’occuper d’un enfant ». Mais dans l’hôpital d’enfants, il y est aussi aidé par une légion de bénévoles de tout âge, d’artistes magnifiques (musiciens, conteurs, clowns, ingénieur-jardinier, enseignants) ou simplement de grands-parents en quête de cette complicité inégalée qui lie les générations et produit les souvenirs les plus puissamment incrustés.

Ce fut une des passions du Professeur André Kahn que de multiplier les expériences originales, de fédérer les bonnes volontés et d’enchanter ce tissu associatif  si riche dans notre pays, en particulier pour des causes aussi nobles. Il eut à ses côtés, et nous continuons d’en profiter, Mme Minne, qui voua une partie de sa vie à l’humanisation des soins dans bien d’autres hôpitaux que le nôtre, mais avec une constance jamais mise en défaut chez nous. L’humanisation, c’est aussi un grand nombre d’associations sans but lucratif qui, complémentaires, ont chacune apporté une pierre à l’édifice, sinon parfois un mur. Ce sont aussi des Fondations comme la « Fondation Misguich », du nom d’Edouard Misguich, grand libraire médical, dont la famille si généreuse et attentionnée nous entoure avec tellement de bonheur pour nos enfants, s’étant investie dans le quartier stérile, le soutien d’activités (une note pour chacun), l’achat d’un monitoring fort coûteux pour la résonance magnétique ou, plus récemment encore, l’embellissement du cinquième étage !

Songeons aussi à tous ces noms de rues dans les couloirs de l’hôpital : la rue des bobos ou des sparadraps, par exemple, que nous devons à Julie River. Depuis très longtemps, le comité d’Humanisation travaille à améliorer chaque jour la manière dont les enfants et leurs familles sont accueillies, épaulées ou simplement entourées de cette juste douceur qui fait que l’on accepte mieux d’être hospitalisé pour retrouver la santé. Nous ne pouvons citer ici tous ceux qui œuvrent avec une extraordinaire gentillesse à entourer nos enfants : qu’ils soient remerciés !

C’est aussi de cet élan généreux qu’est née la maison d’accueil pour les parents dont les enfants sont hospitalisés quelques jours et qui doivent trouver la possibilité de se reposer, de trouver un peu d’isolement réparateur, de partager avec d’autres les mêmes soucis. La Ville de Bruxelles fut toujours très soucieuse de cet aspect, finançant aussi l’école et nous ayant permis, avec la « Fondation Fortis », de construire le bâtiment.

Mais l’humanisation, c’est aussi une philosophie de soins, une attention de tout instant que chacun a dans l’hôpital pour l’enfant, choisissant une décoration particulière à son lieu de travail, un concept particulier à l’éducation, apportant des jeux ou des livres pour les patients, aménageant les salles d’attente. Bref, un processus en perpétuel mouvement qui concrétise ce souci permanent de donner à l’enfant des soins personnalisés!

Prof. Georges Casimir
georges.casimir@huderf.be