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De l’Hôpital des Enfants à un projet collaboratif de soins pour les enfants

Portrait de l’évolution du projet de l’Hôpital des Enfants, de son implémentation sur le site Horta au développement de synergies au service des patients et à son futur au sein d’un réseau de soins hospitalier élargi.

L’hôpital des enfants, conçu sur l’idée de Robert Dubois en 1954, aurait dû au départ être construit comme l’avait imaginé Henri Simonet, Président de l’ULB en 1973, soit à côté du CHU Saint-Pierre, soit sur le site du futur Hôpital Érasme à Anderlecht. Il a été finalement associé à l’Hôpital Brugmann et a accueilli ses premiers patients en 1986. «Au départ, les directions générale et médicale, ainsi que le Conseil médical, étaient communs avec le CHU Brugmann», rappelle le Pr Georges Casimir, Directeur général médical de l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola (HUDERF).

Mères et enfants dans le même mouvement

Le sens de cette proximité ? Avant tout, proposer un service de choix aux patients. Les services d’anesthésie et de chirurgie cardiaque sont par exemple communs aux hôpitaux adultes et enfants, ce qui permet à tous de bénéficier des meilleurs soins et des technologies les plus pointues. «Par ailleurs, la maternité du CHU Brugmann et la néonatalogie de l’HUDERF sont associées pour les 4 à 6% de cas où la grossesse est à risque. La maman doit alors pouvoir accoucher à côté d’une structure pédiatrique de pointe, sinon presque dedans, de façon à ce que les pédiatres n’aient qu’à tendre les bras pour recevoir le bébé», résume le Pr Casimir.

Soigner ensemble

Autre façon de conjuguer les forces des deux hôpitaux, et d’y adjoindre celles de l’Hôpital Érasme : la transition, pour les enfants atteints de maladies chroniques, vers la médecine adulte. Un enfant qui grandit doit en effet quitter la pédiatrie pour être pris en charge par la médecine des adultes. C’est d’ailleurs de plus en plus fréquent puisque l’espérance de vie des enfants atteints de maladies chroniques graves, comme la mucoviscidose, augmente très rapidement. «On ne peut plus hospitaliser à l’HUDERF des gens qui ont des poils aux jambes et dont les pieds dépassent du lit», dit en souriant le Pr Casimir. La solution est de faire venir à l’Hôpital des Enfants les médecins qui suivront les futurs adultes. «Nous travaillons en collaboration avec les membres du personnel soignant pendant deux ou trois ans, au moment où nos patients entrent dans l’adolescence. Ce processus de transition existe depuis une dizaine d’années et aujourd’hui on constate que les gens en sont satisfaits, voire viennent chez nous pour cela; c’est une belle réussite.»

Le futur dans la diversité

Pr Casimir, directeur général médical

L’avenir du campus Osiris? Il se conjuguera sûrement au pluriel, dans un ensemble plus grand encore qui réunira tous les hôpitaux publics et l’ULB avec son hôpital académique à Bruxelles: Érasme, Saint-Pierre et l’Institut Bordet, en plus du CHU Brugmann et de l’HUDERF. Ce nouvel ensemble comptabiliserait 1.200.000 consultations par an, ce qui lui donnerait la taille du deuxième CHU de France, celui de Lille. Concentrer les compétences et les patients, c’est une priorité dans la médecine moderne. Pour amortir des machines sophistiquées mais aussi, et surtout pour augmenter la qualité des soins : regrouper tous les cas rares d’une même maladie dans le même hôpital accroît le nombre de cas qu’un médecin spécialiste aura l’occasion de traiter, ce qui le rendra plus performant.

Ce grand ensemble est souhaitable, mais dans le respect de ce qui existe, explique le Pr Casimir. «Les grandes structures déshumanisent, et en ce moment les petits villages redeviennent à la mode… Nous devons nous garder de faire disparaître l’humain et les cultures de proximité.» C’est en les respectant que l’hôpital à venir pourra profiter de l’immense chance que représente toute la diversité de la Région bruxelloise.

 

Source : extrait d’Osiris News – Juin 2019

www.huderf.be