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Une visite royale à l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola

Vendredi 6 décembre 2019, sa Majesté la Reine Mathilde s’est rendue à l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola pour visiter quelques services de l’hôpital, y rencontrer les patients, leurs familles et le personnel, et fêter la venue de saint Nicolas avec les enfants.

Échanges et discussions

La visite a débuté par une table ronde pour échanger sur des sujets tels que la prise en charge de pointe des différentes disciplines, les évolutions sociétales qui influencent l’offre de soins et les axes de prévention. Les défis, missions et actions de l’Hôpital des Enfants et de l’Ecole Robert Dubois ont été illustrés. La Reine a particulièrement été sensible aux aspects de pharmacologie dans le développement de médicaments spécifiques pour les enfants, aux projets de pédopsychiatrie permettant d’accompagner les mamans fragilisées et d’apporter des solutions concrètes à la problématique grandissante de la phobie scolaire.

Un contact en face à face 

La Reine a ensuite pris la direction de la dialyse où sont actuellement accueillis 10 patients en insuffisance rénale sévère aiguë ou chronique.  L’occasion pour les enfants et adolescents présents d’expliquer leur quotidien, mais aussi à l’équipe de présenter le fonctionnement du service, qui est un des deux seuls centres belges agréés d’hémodialyse pédiatrique et qui réalise en moyenne 1.200 séances d’hémodialyse par an, à raison d’environ 3 séances de 4 heures par patient, par semaine.

« C’est une journée particulière aujourd’hui. Nous avons eu la visite de saint Nicolas, mais aussi de la Reine. Ça fait du bien de sortir de notre routine médicale », confie la maman d’Emir un patient dialysé.

La visite s’est poursuivie aux Soins Intensifs où l’équipe spécialisée accueille chaque année plusieurs centaines d’enfants nécessitant une prise en charge et une surveillance intensives et un matériel sophistiqué. La Reine a pu découvrir l’attention portée à l’implication des parents dans ce milieu technique, une participation qui permet souvent aux familles de se sentir moins impuissantes.

Dans le tout nouveau quartier opératoire de 2.000 m² inauguré en septembre dernier, la Reine a pu en apprendre plus sur l’intérêt du robot chirurgical en chirurgie pédiatrique, qui offre une vision 3D au chirurgien et plus de précision dans ses gestes.

Le robot chirurgical élargit le panel d’instruments et d’approches mini-invasives utilisées par les équipes du quartier opératoire ; mais enrichit aussi le programme de formation continue. Un centre de simulation est d’ailleurs dans les projets de l’hôpital.

Une clôture inoubliable 

Pour terminer, la Reine s’est rendue à l’Ecole Robert Dubois, une école de la Ville de Bruxelles comptant actuellement 50 enseignants de la maternelle au secondaire, qui permet aux enfants et adolescents hospitalisés de poursuivre leur scolarité. Une double surprise attendait les enfants puisque saint Nicolas était également présent.

La Reine et les enfants ont accueilli le Grand Saint en chantant.

Après une heure trente de visite, Sa Majesté la Reine a remercié une délégation du personnel, issue de tous métiers, qui l’attendait à la sortie.

 

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L’importance du « prendre soin » au sein d’un quartier opératoire pédiatrique

Le quartier opératoire, dans un hôpital, c’est un peu la « black-box ». Nos collègues amènent leurs patients en préopératoire jusqu’à la limite autorisée et viennent les rechercher en salle de réveil, mais que s’est-il passé entre temps ? Les accès limités pour assurer la sécurité du patient créent une distance qui nourrit parfois quelques idées reçues. Technicité, travail d’équipe, sécurité physique, sécurité affective : Lauriane Rouard, infirmière chef de service à l’HUDERF, qui a exercé plusieurs années au quartier opératoire, en fait un portrait et explique la spécificité du métier infirmier dans ce milieu.

L’anatomie spécifique de l’enfant, les pathologies pédiatriques… Parfois obstacles à certaines interventions, parfois atouts pour d’autres traitements… La version pédiatrique de l’art opératoire nécessite la représentation de nombreuses disciplines opératoires ; avec leurs techniques, équipements, équipes toutes dédiées spécifiquement à la pédiatrie. Nous le répétons souvent ici à l’HUDERF, dans les écoles où nous donnons cours, lors des formations que nous offrons : un enfant n’est pas un adulte en miniature et c’est particulièrement vrai en chirurgie. Une connaissance approfondie de l’anatomie et de la physiopathologie de l’enfant à toutes les étapes de son évolution revêt une importance capitale dans la compréhension des techniques chirurgicales. C’est d’ailleurs le bagage indispensable pour toute infirmière de salle d’opération, pour qui la capacité d’anticiper l’acte chirurgical et la technique d’anesthésie repose sur une compréhension de tous les facteurs les influençant.

Un travail d’équipe donc, où le jeune patient est toujours au centre d’un trinôme solide comprenant un chirurgien, un anesthésiste et infirmier. Chacun détient un rôle essentiel pour le patient, notamment en matière de sécurité opératoire que l’on améliore via la check-list de sécurité et la rigueur de chacun. Conscients de l’importance de ces brefs moments d’échange, nous mettons tout en œuvre pour instaurer un climat de confiance et entourer au mieux le patient et sa famille. Dans ce milieu hyper technique, les besoins fondamentaux du jeune patient et de sa famille ne peuvent pas être oubliés. Le patient pédiatrique transitant par le quartier opératoire est et reste avant tout un individu à part entière, au sein d’une famille où parents et fratries sont parfois en détresse face à la pathologie ou au traitement. Et une bonne prise en charge ne va pas sans assurer la sécurité affective du patient. Un parent accompagne son enfant en pré et postopératoire en salle de réveil et même jusqu’en salle d’opération le temps de l’induction. Quand l’enfant est endormi, le personnel raccompagne maman ou papa sur le chemin de la sortie : nous viendrons les chercher quand l’opération sera finie.

Vous l’aurez compris, le rôle de l’infirmière dans cet environnement ne se cantonne pas à la seule salle d’opération, même si les tâches y sont déjà diversifiées : circulante, instrumentiste, assistance opératoire, aide à l’anesthésie… Ce métier nécessite une attention et une curiosité de tous les instants. Que ce soit dans le cadre d’une hospitalisation ou d’une prise en charge ambulatoire, dans la salle de réveil également, les infirmières doivent être à l’aise avec les enfants et soigner l’accueil des familles. La gestion de la douleur, multimodale, est également spécifique en pédiatrie. Chaque enfant doit être pris en charge de manière individualisée et dans ce milieu de haute technologie, le « prendre soin » doit rester en permanence au centre de nos préoccupations.

Lauriane Rouard


Eté 2019 : ouverture du nouveau quartier opératoire

Durant l’été 2019, un nouveau quartier opératoire ouvre à l’Hôpital des Enfants : un plateau de plus de 2000 m² dans de tout nouveaux locaux. Quatre salles de chirurgie traditionnelle ; ainsi que trois salles de chirurgie ambulatoire ouvrent leurs portes, dans une infrastructure qui a été pensée pour le confort des patients, l’accès aux technologies de pointe (salle hybride, robot chirurgical) et le bien-être du personnel.

Plus d’informations : Blog & www.huderf.be

Salle d’opération One Day – Crédit Olipirard


Nous recrutons ! www.job.huderf.be

 

 

 

Le nouveau quartier opératoire en images

Nous avons arpenté les 2.000 m² du nouveau quartier opératoire pour capturer les coulisses du déménagement ainsi que de l’ouverture du nouveau quartier opératoire de l’Hôpital des Enfants cet été. Des locaux lumineux, accueillants, conçus pour le confort des patients et du personnel; avec 7 salles d’opération dotées des dernières technologies pour soutenir l’activité des équipes du quartier.

Bienvenue au sein du bâtiment Professeur Vis !

Photos @olipirard

 

 

 

 

 

Août 2019 – Ouverture de la One Day

Florian, le premier patient de la One Day, avec son anesthésiste…

Et son infirmier !

Salle d’opération One Day

Les infirmières préparant le lit du prochain patient attendu

Malcolm et son infirmier en One Day. Un de nos premiers patients !

Nos super-héros accompagnent les patients durant tout leur parcours en One Day !

L’équipe infirmière au travail

 

Juillet 2019 – Déménagement du quartier opératoire

Photos @HUDERF

Les plateaux d’instruments sont préparés

Classer, ranger, organiser

Défaire les cartons, ordonner…

L’activité continue dans le reste de l’hôpital, il y a des entrées à organiser !

Et les équipes administratives prêtent main forte !

Les informaticiens équipent les postes infirmiers

Alors que l’antenne stérili est prête à accueillir les instruments après les premières opérations

Au scrub les roulettes !

Les biotechniciens font les réglages

Nettoyage intensif dans les blocs opératoires

Alors que les anesthésistes et les biotechniciens organisent leur matériel

Couloir menant aux salles d’opération de One Day

Formations au bloc opératoire avant le grand nettoyage final et l’accueil des patients

Les équipes infirmières préparent l’arrivée des patients

Dernier passage de l’équipe d’entretien

Le quartier opératoire est maintenant pleinement opérationnel…

L’un des quatre blocs du nouveau quartier opératoire : on y retrouve aussi les super-héros

Les équipes ont pris possession de leurs nouveaux locaux

Des salles d’opération connectées

L’antenne de stérilisation est au coeur du quartier opératoire

En pleine préparation pré-intervention

Tout le monde doit revêtir sa blouse !

Dans les coulisses d’une intervention

Au même moment, dans le bloc opératoire voisin, une autre opération a lieu

Surveiller les signes vitaux du patient pendant l’opération, telle est la mission de l’anesthésiste.

Au quartier opératoire, il n’est pas rare de croiser des visages souriants !

 

 

« Au coeur de l’Hôpital des Enfants »

Avez-vous suivi les épisodes de «Au coeur de l’Hôpital des Enfants» sur RTL-TVI ces dernières semaines ? Vous posez-vous des questions sur le comment ou le pourquoi de cette émission, qui met en lumière la vie quotidienne de trois de ses médecins, les Drs Franck, Demanet et Luyckx? Découvrez l’envers du décor….

Qui a décidé de tourner cette série, l’hôpital ou RTL-TVI?

L’histoire a commencé par un dîner entre amis, lors duquel les Drs Franck et Luyckx discutaient de leur travail. Le producteur de l’émission a trouvé les sujets passionnants et leur a proposé une série, à laquelle ils ont également convié leur collègue Dr Demanet. Les chirurgiens et le producteur sont allés à la rencontre des directions et du service de communication et les ont convaincus. Il a été décidé d’organiser le tournage d’un épisode pilote pour que les producteurs approchent une chaîne de télévision d’une part, mais aussi pour illustrer la philosophie de la série auprès des parents des patients. Ce pilote a d’ailleurs fait l’objet d’une projection en avantpremière à tout le personnel de l’HUDERF.

L’hôpital a-t-il imposé des règles à l’équipe de tournage?

Il y a des règles liées au contexte particulier de l’environnement hospitalier. Un accompagnement spécifique était prévu pour l’équipe de tournage, pour baliser les contacts initiaux, aussi pour veiller à obtenir le consentement de ceux qui apparaissaient à l’image. La communication avec les patients restait du ressort de l’hôpital. Du côté des thématiques, la discussion a été élargie à ce qui caractérise notre hôpital: la pluridisciplinarité, l’accompagnement des familles, la prise en charge de la douleur, le caractère universitaire, l’éducation thérapeutique, la prévention. Certaines histoires se sont imposées, comme celle de Zélia et de son papa, qui ont permis d’aborder la thématique du don d’organe et de la greffe rénale de A à Z. L’équipe porteuse du projet a aussi été impliquée par RTL TVI lors du montage et de la promotion.

Est-ce que la chaîne RTV-TVI a payé l’hôpital? Ou est-ce l’hôpital qui a payé RTL-TVI?

Ni l’un ni l’autre. Les médecins, les équipes, les patients qui ont participé l’ont fait sur base volontaire, dans l’échange et le respect.

Quel était l’objectif de l’hôpital en autorisant le tournage de cette série?

Il a été clair depuis le début que la série ne serait pas une téléréalité. La volonté de la chaîne était de mettre l’accent sur des messages d’espoir. L’objectif de l’HUDERF était également de rendre hommage à son personnel pour son investissement de tous les jours. Il se dit que l’équipe de tournage a été particulièrement touchée par la bienveillance et le professionnalisme des équipes après avoir passé plus de deux ans à tourner.

Quelles leçons l’hôpital a-t-il tiré de cette expérience?

D’abord, qu’un tel projet demande un gros investissement en temps et en énergie ! Deuxièmement, que le projet de l’hôpital bénéficie du soutien d’une grande communauté. L’émission a provoqué une avalanche de commentaires sur les réseaux sociaux. Le fait que 400.000 personnes en moyenne ont regardé chaque épisode prouve que beaucoup de Belges ont envie de savoir ce qui se passe dans un hôpital! Continuer à démystifier l’hôpital, à mettre des visages sur les équipes et à ouvrir ses portes est important pour contribuer à réduire l’anxiété encore souvent associée au monde hospitalier.

 


Source: Iris&You n°33 – avril 2019

Collaboration innovante : un robot pour deux hôpitaux

Au cours de l’été 2016, le campus Osiris accueillait un robot chirurgical «Da Vinci». Depuis quelques mois, ce robot est partagé entre le CHU Brugmann et l’HUDERF pour plus d’efficacité. Récit d’une nouvelle collaboration.

Comment mettre l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola à la pointe dans le domaine de la chirurgie ? C’est à cette question que l’achat d’un robot Da Vinci par l’HUDERF voulait répondre. En effet, «disposer du robot était un projet innovant, puisque nous sommes un des rares hôpitaux pédiatriques à en avoir un en Europe», explique le Pr Henri Steyaert, chef du service de Chirurgie pédiatrique. Cet achat permet d’amorcer de nouvelles collaborations pour développer le potentiel de la chirurgie mini-invasive du point de vue médical, scientifique et académique. Un partage qui permet aussi de viser davantage de rentabilité, car l’investissement est certain. «Cela a du sens, financièrement et pratiquement, parce qu’un seul hôpital ne fait pas assez d’opérations pour amortir le robot», ajoute le Pr Jean-Marie de Meyer, médecin-chef du CHU Brugmann. La collaboration entre l’HUDERF et le CHU Brugmann était donc toute naturelle.Utilisation du robot Da Vinci

Le potentiel de la chirurgie robotique : premiers retours d’expérience

Il n’existe pour l’instant pas de preuves scientifiques de la supériorité d’une opération par robot. Mais certains éléments semblent tout de même améliorés par rapport à la laparoscopie: «Les patients nous rapportent moins de douleurs au niveau de la cicatrice: les bras du robot sont plus articulés et permettent d’opérer sans « forcer » la paroi du patient», précise le Dr Luc Bruyninx, chef du service de Chirurgie digestive et coelioscopique au CHU Brugmann. Par ailleurs, pour le chirurgien il n’y a pas photo: l’opération est beaucoup plus facile et moins fatigante.

Ressources humaines et ressources tout court

Le robot est aussi un argument important pour le recrutement du personnel médical et soignant. «L’apprentissage de l’utilisation du robot est très intuitif. Les chirurgiens qui se forment aujourd’hui n’ont pas envie de consacrer des années à la chirurgie laparoscopique alors qu’ils voient de l’avenir dans l’usage du robot», indique le Pr Steyaert. Même remarque du côté des infirmières, alors que l’on connaît les difficultés de recrutement. Comme le précise Valérie Castiaux, infirmière en chef du quartier opératoire de l’HUDERF, «la formation au robot se fait sur base volontaire, mais la majorité des infirmières sont très enthousiastes à l’idée de se former à cette technologie».

Le robot permet aussi d’attirer des patients… En pédiatrie, où le robot est encore relativement peu utilisé, en avoir un à disposition est un vrai argument pour certains parents. Du côté des adultes, où les robots sont plus répandus, certains hôpitaux qui n’en ont pas voient leur fréquentation diminuer.

Une collaboration sans difficultés

Prof. Steyaert, Prof. de Meyer et Prof. Bruyninx

C’est en juin 2017 que le CHU Brugmann a effectué la première opération «adulte» avec le robot. Durant les premières opérations, une infirmière de l’HUDERF était présente pour que les équipes du CHU Brugmann puissent prendre leurs marques dans les locaux. Les équipes ont ensuite mis en place chacune de leur côté une routine efficace. Il faut dire que le service d’Anesthésie est commun aux deux établissements.

Un autre bénéfice du robot n’est pas vraiment mesurable financièrement: il s’agit des liens qu’il permet de créer. «Les équipes apprennent à se connaître et à s’apprécier; cela crée des liens et un esprit d’équipe sur le campus», conclut le Dr Bruyninx.


Quelles opérations pour le robot ? Côté pédiatrique, le service qui utilise le plus le robot est la chirurgie digestive; l’opération la plus fréquente est celle du reflux gastro-oesophagien. Une opération du thorax, une première, est programmée. L’urologie devrait suivre. Chez les adultes aussi, la chirurgie digestive est la plus active sur le robot. L’urologie a été lancée en janvier, et la gynécologie est candidate pour la suite.
Concrètement…  Le planning est déterminé par l’HUDERF selon les disponibilités des salles d’opération. Le moment venu, le transfert du patient adulte prend environ 15 minutes; médecin, infirmières et matériel sont transférés en une seule fois, par les couloirs qui relient le CHU Brugmann à l’HUDERF.

Auteur : Marion Garteiser
Source : Osiris News (n° 49, mars-juin 2018)

De la chirurgie mini-invasive à la robotique, l’histoire d’une révolution

Petite cicatrice grand chirurgien ? Historique de l’évolution de la chirurgie de l’enfant grâce aux techniques mini-invasives et à la chirurgie robotique. Un billet du Pr Steyaert, chef de service de chirurgie à l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola.

Nous sommes en 1988. Deux chirurgiens français présentent à Paris un film sur l’ablation de la vésicule biliaire sans faire pratiquement de cicatrice. Incompréhension dans la plupart des services universitaires où l’on sait depuis toujours « qu’une grande chirurgie se fait avec de grandes cicatrices ». Succès phénoménal dans les revues féminines parisiennes qui, toutes, vont faire leur « une » de la chirurgie sans cicatrice.

Puis les pionniers vont peu à peu prendre en main cette nouvelle technique, collaborer avec les entreprises pour développer instruments et environnement chirurgical. Un peu moins de 25 années d’une aventure fantastique commence à travers le monde entier. Les études scientifiques vont peu à peu ajouter une pierre à l’édifice en montrant que l’abord mini-invasif a drastiquement diminué les éventrations, les adhérences postopératoires et les infections de paroi. L’effet de la diminution de la douleur postopératoire du fait de la préservation musculaire sera souvent impressionnant. Mieux, cette technique utilisant un grossissement systématique va permettre une diminution importante des pertes sanguines ainsi qu’une dissection plus précise, diminuant souvent la morbidité.

Tout cela fera que des chirurgies parfois lourdes se feront de plus en plus sur des durées parfois très courtes d’hospitalisations, voire en hôpital de jour. Cette chirurgie va très vite se développer en dehors des cavités naturelles, le chirurgien créant son propre espace le temps d’une intervention, ce qui fera dire aux chirurgiens américains qu’il s’agit là de la « Second French Revolution » : pas moins !

Reste que cette chirurgie est plus difficile du fait de la vue réduite à deux dimensions (on regarde des écrans) et du fait de la limitation des mouvements du poignet à cause des trocarts. Qu’à cela ne tienne : la Silicon Valley s’est mise de la partie pour développer un robot chirurgical qui va résoudre cette quadrature du cercle. On travaille dans une console recréant la troisième dimension (comme au cinéma !). On utilise toute la mobilité de son poignet par un mécanisme miniaturisé complexe créé au bout de chaque instrument. On peut même opérer à très grande distance du malade (voir l’opération Lindbergh effectuée par le Prof. Marescaux de New York sur une patiente endormie à Strasbourg !). Même les instruments qui se croisent, si l’on veut tout faire par le même orifice (souvent le nombril), ne sont pas un problème pour le robot puisque l’électronique vous mettra l’instrument dans la bonne main, qu’il vienne de droite ou de gauche.

La robotique et les salles d’opération totalement intégrées ouvrent de nombreuses perspectives encore inconnues. Les professeurs d’université avaient bien tort; il ne s’agissait pas que d’un souci de cicatrice; encore que subir une ablation de la rate en ne voyant absolument pas par où le chirurgien est passé reste tout de même étonnant ! Un grand chirurgien est peut-être maintenant celui qui fait les plus petites cicatrices ! Depuis un peu plus de 30 ans, cette approche mini-invasive globale de nos petits patients est  au centre de notre philosophie. Progressivement, cette pratique intégrée dans notre prise en charge !

 

Curieux d’en apprendre plus sur le robot chirurgical et la chirurgie mini-invasive ?

https://www.huderf.be/fr/med/chir/robot.asp