Portrait de chercheur : Pr Pierre Smeesters

Pr Pierre Smeesters – Chef du service de pédiatrie

Un globe-trotter à la direction du service de pédiatrie de l’HUDERF

Directeur du laboratoire de Bactériologie Moléculaire de la Faculté de Médecine de l’ULB

Prix :

  • Basic Science Young Investigator Award from the European Society of Paediatric Infectious Disease (ESPID).
  • GlaxoSmithKline Biologicals Award 2013 : Triennial award from the Royal Academy of Medicine of Belgium for a major contribution in immunology and vaccine development
  • 2006 ‘Prix de Recherche Clinique en Pédiatrie de la Francophonie’ for the article entitled ‘Pharyngitis in low-resources settings: A pragmatic clinical approach to reduce unnecessary antibiotic use. Pediatrics 118 (2006) 1607-1611.’

Travaux :

Un vaccin contre le streptococcus pyogenes à l’horizon 2020 ? – Pierre Smeesters (ULB)

A lire aussi :

The Belgian Kids Fund for Pediatric Research soutient les chercheurs de l’HUDERF

 

L’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola prend position sur la vaccination

La Semaine Européenne de la Vaccination (SEV) est une initiative du Bureau Régional Européen de l’Organisation Mondiale de la Santé. Depuis 2005, elle a lieu chaque année fin avril. L’objectif de la SEV est de sensibiliser le public à l’importance de la vaccination et par ce fait augmenter la couverture vaccinale. Une équipe de pédiatres de l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola se mobilise pour contribuer à atteindre cet objectif. 

Suite à l’émergence de maladies dites évitables par vaccination et l’augmentation de parents réticents à la vaccination, le Professeur Pierre Smeesters, chef du service de pédiatrie de l’HUDERF et son équipe reviennent sur le sujet. Jusqu’à la fin de la semaine, une série de blogs informatifs autour de la vaccination seront publiés.

Dans cette série de blogs, vous trouverez :

  • Les premiers résultats de l’étude réalisée par l’hôpital, donnant la parole aux parents de la Région de Bruxelles Capitale pour formuler leurs attentes quant à la vaccination.
  • Les points de vue nuancés et transparents du Professeur Smeesters vis-à-vis de l’article de l’OMS « Vaccination : 10 fausses idées à corriger ».
  • Des précisions sur l’impact de la rougeole et de la coqueluche, deux maladies sur le retour en Belgique.
  • Une réponse à la question suivante « Pourquoi vaccine-t-on encore les bébés contre l’hépatite B ? ».
  • Et des explications sur l’utilité de vacciner contre le tétanos.

A ce jour, la vaccination a permis l’éradication de la variole par exemple. Il est important de poursuivre sur cette voie, et de continuer d’offrir aux enfants l’immunité la plus complète qu’il soit, pour qu’ils jouissent pleinement de la vie qui les attend.

Vous et votre enfant souffrez peut-être de déficits immunitaires : repérez les signes !

En Belgique, 1 personne sur 1000 pourrait être atteinte de déficiences immunitaires primaires (DIP’s). Les médecins estiment que seuls 50% des cas sont diagnostiqués. Pourtant, ces déficits affectent significativement le fonctionnement du système immunitaire : les patients présentent alors, entre autres, une plus forte vulnérabilité aux infections telles que pneumonie, otite, sinusite à répétition ou encore d’autres infections plus graves, potentiellement mortelles comme les méningites ou les septicémies et parfois des manifestations auto-immunes. Se faire dépister dès le plus jeune âge permet d’éviter des complications irréversibles par la suite.

Repérez les signes !

Ci-dessous sont repris les 10 signes d’alarmes des déficits immunitaire primaires chez vous et chez vos enfants. Si vous ou votre enfant présentez au moins deux des signes d’alarmes DIP’s suivants, parlez-en à votre médecin.

Un mouvement mondial

L’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola s’associera aux initiatives prises dans le monde du 22 au 29 avril à l’occasion du World PI week. En plus de la campagne d’information prévue dans l’hôpital et dans la presse, un lâcher de ballons symbolique aura lieu le mercredi 26 avril à l’HUDERF, auquel participeront les patients souffrant de DIP’s, en partenariat avec l’UZ Brussel. Le ballon fait référence aux « bébés bulles », jeunes enfants atteints de DIP’s sévères jadis condamnés à vivre dans des bulles fautes d’autres traitements disponibles.

Informer : une mesure simple mais radicalement efficace

Promouvoir la prise de conscience de l’existence même de ce groupe d’affections est une mesure simple mais radicalement efficace pour améliorer la prise en charge des patients, notamment en diffusant les signes devant alerter patients, famille et soignants de première ligne et orienter vers la réalisation d’un dépistage.

Dr Sophie Blumental, chef de clinique adjoint responsable de l’unité d’infectiologie pédiatrique

Pr A. Ferster, Chef de clinique responsable de l’unité d’hémato-oncologie et immunologie pédiatrique

Dr C. Heijmans, consultante en d’hémato-oncologie et immunologie pédiatrique, membre du comité Belge pour les DIPs BIPDG

Dr. Jutte Van der Werff Ten Bosch, Universitair Ziekenhuis Brussel

A propos de l’association de patients DIP’s www.boppi.be.

A propos du World PI Week http://www.worldpiweek.org

Archives :

La précocité est clé pour la prise en charge de l’autisme !

A l’HUDERF, il existe une unité dédiée à la prise en charge des enfants autistes ou suspectés d’être autistes : l’unité A.P.P.I (Autisme – Prise en charge Précoce Individualisée). Portrait d’un projet de pédopsychiatrie tout à fait original dans le paysage belge.

« Je ne suis pas un assez bon parent », « Mon enfant n’est pas intelligent » disent certains parents face à un enfant au comportement anormal. Ces parents peuvent avoir tendance à baisser les bras. Or c’est bien souvent face à l’incompréhension du trouble de leur enfant qu’ils se sentent impuissants.

Les enfants autistes ou suspectés d’autisme présentent généralement des signes forts par rapport aux autres enfants ; et ces signes sont aussi divers que les enfants ! Certains peuvent avoir des troubles liés au visuel, au sensoriel, à l’odorat, d’autres peuvent classifier, catégoriser, circonstancier, être sensibles au toucher… Les signes sont souvent assez ‘étranges’ pour alerter le parent. Et parfois, c’est l’arrivée d’un second enfant qui permet au parent de comparer le développement d’un de leurs enfants par rapport à un autre.

Une initiative unique en Belgique, axée sur la précocité

L’unité A.P.P.I (anciennement dénommée Unité Denver) accueille de très jeunes enfants, de 15 mois à 3 ans et demi, atteints de troubles autistiques. «Nous leur proposons une prise en charge psycho-développementale intensive», précise le Pr Delvenne, chef du service de Pédopsychiatrie. «C’est une initiative unique en Belgique! Notre pays n’offre en effet pas d’autres possibilités de prise en charge aussi précoce de l’autisme.»

Et pourquoi une approche axée sur la précocité justement ? Au plus tôt un diagnostic est établi, plus il sera facile d’influencer positivement l’évolution de l’enfant avec son trouble. « La précocité permet en effet une efficacité accrue de la prise en charge de l’enfant autiste car en plus d’éviter des problèmes lors du développement de l’enfant, le travail de l’unité permet également d’éviter des problèmes au sein de sa famille, souvent dus au manque de compréhension du problème, ainsi que la difficile stimulation d’un enfant autiste sans outils appropriés », précise le Dr Razvana Stanciu, pédopsychiatre au sein de l’unité A.P.P.I.

Aider l’enfant à accepter ses difficultés…

Le but de l’approche de l’équipe A.P.P.I n’est pas de ‘résoudre’ l’autisme. Empêcher l’apparition ou le développement de certains comportements n’est pas possible. Mais une prise en charge précoce, dès l’apparition des premiers signes autistiques, permet néanmoins de les faire évoluer autrement. Le processus d’acceptation de la condition et des difficultés est crucial pour l’enfant comme pour ses parents. Et dans ce cas, la réussite tient dans les petites victoires : « De manière générale, nous réussissons à éviter que les enfants ne s’enferment et à stimuler des enfants à faire ce qu’ils ne font pas naturellement », observe le Dr Stanciu.

…et équiper les parents face à l’autisme.

Et cet aspect naturel a toute son importance dans la démarche car l’équipe A.P.P.I. est aussi là pour ‘équiper’ les parents à communiquer plus facilement et plus naturellement avec l’enfant. « Lors de séances de ‘coaching’  – à long ou à court terme –, les parents apprennent à intégrer les gestes simples, les regards ou tout autre outil faisant partie du quotidien. Ces gestes ou ces regards plus accentués ou plus intensifs ne sont pas forcément visibles de l’extérieur, mais ils répondent tous à une la recherche de plaisir partagé. Ainsi, une chatouille ou un sourire devient une récompense pour un comportement », explique Maud Gilbert, infirmière au sein de l’unité A.P.P.I.

L’implication active des parents influence positivement l’évolution des enfants

En fonction de leur objectif prioritaire, du diagnostic de l’enfant et du fonctionnement de la famille, l’équipe et les parents se créent des projets individuels. « Et les résultats sont positifs, il semble que certains enfants évoluent plus rapidement et plus positivement grâce à l’implication active des parents. Et puis, les enfants sont plein de ressources et réservent parfois bien des surprises aux soignants et à leurs parents », souligne le Dr Stanciu.

Davantage de diagnostics ont été posés ces quinze dernières années et l’autisme est désormais mieux connu auprès du grand public, qui a accès plus aisément à l’information. Et si l’influence de la société sur l’évolution de l’autisme pourrait être mise en avant, aucune étude à ce jour n’a permis d’établir un lien de causalité.

A propos de l’unité A.P.P.I

A la rencontre des médecins Post-Gradués de l’HUDERF

L’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola (HUDERF) accueille chaque année des «post-gradués» (PG), jeunes médecins en formation. Qui sont-ils ? Quelles sont leurs tâches à l’hôpital ? Pourquoi ont-ils choisi ce campus ? 

«PG» ou «post-gradué» est le terme utilisé dans le réseau ULB pour désigner les jeunes médecins qui ont terminé le tronc commun de leurs études universitaires et poursuivent leur formation dans une discipline spécifique (chirurgie, neurologie, gériatrie…). Durant les trois à six ans que compte la spécialisation qu’ils ont choisie, ils sont amenés à travailler dans différents hôpitaux sous la supervision de médecins «seniors».

Accueillir et former les futures générations de médecins

«Accueillir ces futures générations de médecins est l’une de nos missions de base en tant qu’hôpital universitaire», précise le Pr Pierre Smeesters, Chef du Département de pédiatrie à l’HUDERF. «Les PG font partie intégrante de l’équipe ! Ils jouent un rôle prépondérant dans la prise en charge des patients. Ce sont les chevilles ouvrières des salles cliniques. Leur travail est supervisé par les médecins du cadre (médecins résidents, chefs de clinique adjoint, chefs de clinique…) qui sont garants à la fois de la qualité de la formation du jeune médecin et de la pertinence des soins proposés aux patients.»

Une expérience enrichissante pour tous

«Accompagner et former les PG implique bien sûr un investissement en temps et en énergie mais l’expérience est enrichissante pour tout le monde», souligne le Pr Smeesters. «C’est en effet l’occasion d’engager un dialogue entre les plus jeunes et les plus âgés. En tant que médecins-enseignants, nous sommes sans cesse amenés à justifier les actes que nous choisissons de poser, ce qui nous incite à évaluer et améliorer nos pratiques en permanence.»

Quelles sont les tâches des PG à l’hôpital ?

  • Soutenir les équipes
  • «Doubler» les médecins du cadre (observation, réalisation d’actes sous leur supervision…)
  • Assurer la prise en charge et le suivi des patients hospitalisés
  • Etre en première ligne pour les gardes la nuit et le week-end
  • Prendre part aux «tours» multidisciplinaires, au cours desquels le cas de chaque patient hospitalisé est passé en revue
  • Prendre en charge des consultations
  • Participer à des activités de recherche
  • Continuer de se former en suivant des cours et séminaires

Témoignages : Drs Hélène Dumonceau et Margaux Gerbaux

«L’enjeu n’est plus de réussir un examen»

À l’issue de leurs sept années de médecine à l’ULB, Hélène et Margaux ont choisi de se spécialiser en pédiatrie générale. Se former dans cette discipline nécessite cinq ans. Deux années supplémentaires sont requises pour se spécialiser dans un domaine particulier de la pédiatrie. Nous les avons rencontrées peu avant leur arrivée à l’HUDERF.

Dr Hélène Dumonceau: «Nous passons maintenant du rôle d’étudiante à celui de médecin qui va réellement prendre en charge le patient, avec toutes les responsabilités que cela implique. L’enjeu n’est plus de réussir un examen mais de garantir une prise en charge optimale de l’enfant. Nous avons naturellement quelques appréhensions mais, en même temps, nous avons hâte de commencer!»

«Nous avons chacune une vingtaine de stages à notre actif. Ceux que nous avons réalisés à l’HUDERF se sont très bien déroulés. L’hôpital des enfants a généralement une bonne réputation en termes de formation et d’encadrement.»

Dr Margaux Gerbaux: «Les établissements sont affectés aux étudiants par tirage au sort sur base de leurs préférences et du nombre de places disponibles. Personnellement, j’ai choisi l’HUDERF parce que j’aime le fait que cet hôpital propose une prise en charge globale du patient. La pluridisciplinarité et le travail d’équipe y occupent une place prépondérante. Les médecins travaillent en étroite collaboration avec les infirmiers, les kinésithérapeutes, les diététiciens, les logopèdes… Toute l’équipe est centrée sur l’enfant et son bien-être. C’est quelque chose que je n’ai pas retrouvé de manière aussi marquée dans les autres hôpitaux où j’ai réalisé un stage.»

«Ni Hélène ni moi ne savons encore si nous poursuivrons notre formation, après notre spécialisation en pédiatrie générale. Nous avons cinq ans pour «toucher à tout» et faire notre choix.»

L’atout majeur de l’HUDERF pour les PG : un établissement unique en son genre

L’HUDERF propose une configuration pédiatrique inégalable en Belgique. L’hôpital des enfants réunit en effet toutes les spécialités pédiatriques sous un même toit. En tant qu’hôpital de référence, on y trouve par ailleurs des cas plus particuliers et des pathologies complexes.

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Extraits de Osiris News #44 (septembre – novembre 2016) – Aude Dion

Photos : Laetizia Bazzoni

Dans les coulisses de la Stérili

L’HUDERF partage avec le CHU Brugmann un service de stérilisation sur le campus Osiris. Depuis près d’un an, ce service a pris des allures de fourmilière. Les équipes de la stérili s’y activent pour nettoyer, désinfecter et stériliser le matériel médico-chirurgical alors que, dans un même temps, de gros travaux sont menés pour revoir l’infrastructure du service de fond en comble.

Cinq projets clés

Afin d’améliorer ses performances et la qualité de ses prestations, le service de stérilisation mise sur cinq projets clés :

  1. L’informatisation du service et la traçabilité du matériel médico-chirurgical
  2. Une nouvelle infrastructure avec des équipements technologiques de dernière génération
  3. Une formation continue du personnel auxiliaire et une révision des procédures
  4. Un dialogue constructif et collaboratif avec le personnel des quartiers opératoires.
  5. Last but not least, le cap évolutif vers l’accréditation

Pour l’accréditation, l’équipe de stérilisation centrale s’est dotée d’un outil de gestion de projet et d’une méthodologie de travail permettant de garder le rythme pour être prêt le jour des premiers audit !

Dans les coulisses de la stérili : le trajet des instruments

  1. Le matériel sale est récupéré à l’aide de gros chariots. Quand le plateau contenant les instruments souillés arrive en zone sale, il est scanné afin de pouvoir être tracé lors de son parcours dans le service. Les instruments sont ensuite «prétraités»: ils sont triés, étalés sur les plateaux de lavage et pré-nettoyés rapidement. Un appareil équipé d’ultrasons sera prochainement mis en service afin de nettoyer le matériel plus en profondeur dès cette première étape.
    Matériel saleMatériel sale
  2. Les instruments passent dans de gros appareils comparables à des machines à laver : Ils y subissent un traitement spécial (combinaison d’actions mécaniques, chimiques et thermiques), destiné à les désinfecter.
    Machine à laverMachine à laver
  3. Le matériel désinfecté passe en zone propre : Il y est «reconditionné»: les instruments font l’objet d’un entretien de routine et sont rangés sur un plateau. Le plateau d’instruments est ensuite emballé dans un conditionnement spécial avant d’être envoyé dans les autoclaves. Ces machines permettent de stériliser les instruments en utilisant de la vapeur dite «saturée». La température monte jusqu’à 134°C pour détruire tous les micro-organismes encore présents sur le matériel. De nouveaux autoclaves, plus performants, ont été mis en service en juillet dernier.
    Zone propreZone propre
  4. Les plateaux d’instruments stérilisés sont placés dans des chariots métalliques pour être livrés vers les différents sites.
    Plateau stérilisé

Assurer la proximité avec les quartiers opératoires

«Lors de la centralisation, l’option de garder un contact proche des quartiers opératoires a été privilégiée parce que la communication et la collaboration directes sont irremplaçables», explique Ermano Fegatilli. «Un auxiliaire de la stérilisation est dès lors «délocalisé» dans un local proche des quartiers. Il y réalise un pré-nettoyage manuel du matériel souillé, tout juste sorti des salles d’opération, avant qu’il ne soit transporté vers le service central pour y subir un processus complet de stérilisation. Ce rapprochement physique permet également d’envoyer immédiatement un signal d’alarme aux infirmiers des quartiers opératoires lorsqu’un instrument manque à l’appel de la check-list de l’auxiliaire. Cette démarche participe à notre volonté d’accroître nos collaborations constructives avec le personnel des quartiers opératoires qui utilise les instruments
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La stérili en chiffres
>24 : le nombre d’équivalents temps plein employés dans le service de stérilisation.
>27.000 : le nombre total d’instruments qui appartiennent aux deux hôpitaux et passent par la stérilisation.
>16 heures ouvrables : l’objectif à atteindre pour finaliser un cycle complet de stérilisation en routine. À l’heure actuelle, il faut compter 24 heures ouvrables en moyenne pour un cycle complet. En cas d’urgence, le cycle peut être finalisé en 4 heures.

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Interviews de Patrick de Cruyenaere, chef infirmier opérationnel et Ermano Fegatilli, manager du service de stérilisation.

Extraits d’Osiris News (n° 44, septembre-novembre 2016)

Photos : Laetizia Bazzoni

Prévenir la douleur des enfants pendant les soins : un droit élémentaire du patient

La gestion de la douleur est une clé précieuse à la compréhension et la considération du jeune patient. L’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola (HUDERF) et l’association ABELDI lancent un nouvel outil pour aider les enfants et leurs parents à mieux appréhender la douleur. La plateforme  www.jeutesoigne.be défend la distraction comme outil de soin pour prévenir la douleur et propose aux parents, aux patients et aux soignants des jeux et des informations pour améliorer la prise en charge de la douleur.

La douleur laisse des traces

La douleur liée à la maladie et aux soins  n’a rien d’éducatif. Elle peut notamment initier la phobie des soins et mettre à mal les intervenants. Car la douleur des enfants laisse une trace dans leur mémoire.

« Un soin de qualité en pédiatrie passe donc nécessairement par la prévention de la douleur », explique Josette Fontaine, infirmière référente pour la douleur à l’HUDERF. Pour la prévenir, il existe des solutions médicamenteuses, mais aussi non médicamenteuses dont  la distraction. « Si l’on sature d’autres systèmes sensoriels que ceux qui génèrent le message douloureux, et qui assurent la mémorisation de la douleur, l’enfant sera protégé. » Les parents ont donc la possibilité de protéger leur enfant en sollicitant autant que possible leurs sens. Tous les moyens sont bons : un jeu, une caresse, une histoire, quelque chose de bon à manger… « Des gestes simples des parents et du personnel soignants, qui permettent de contrebalancer un événement potentiellement douloureux par la création d’une sensation parallèle positive », ajoute Jérôme Laurent-Michel, infirmier spécialisé dans la prise en charge de la douleur et participant à la conception du site.

Garantir le droit de ne pas souffrir

Une plateforme explicative, telle que www.jeutesoigne.be, semble donc capitale dans le paysage pédiatrique. Elle souligne l’importance d’être à l’écoute des patients les plus jeunes et de leurs parents, pour éviter douleurs et angoisses et leur garantir un droit élémentaire : celui de ne pas souffrir. La plateforme permet également d’exposer le travail de tous les acteurs, spécialistes de la gestion de la douleur, et de présenter les actions fournies tant aux niveaux des différents services, que les initiatives prises par l’association ABELDI.

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A propos d’ABELDI
L’association a pour but de favoriser et de promouvoir, par tous les moyens, l’aide thérapeutique, clinique, psychologique et morale aux enfants ainsi qu’aux adolescents en situation algique.
L’association a pour objet de développer tous les moyens, directs ou indirects, visant à la lutte contre la douleur des nouveau-nés, des nourrissons, des enfants et des adolescents, que celle-ci soit aiguë ou chronique et quelle que soit son origine : pathologique, traumatique ou autre.

La vaccination sauve de nombreuses vies

De nombreuses études se sont intéressées à la question de l’utilité de la vaccination et il a été démontré à maintes reprises qu’elle sauve de nombreuses vies chaque année. Les bénéfices que votre enfant retire d’une vaccination complète dépassent très largement les risques éventuels liés à celle-ci.

Au cours des dernières décennies, les taux de vaccination pédiatrique ont chuté sous le seuil recommandé dans de nombreux pays membres de l’UE. L’immunité collective est mise en péril et par conséquent, des maladies jadis contrôlées refont surface. En 2011, plus de 30 000 cas de rougeole ont été déclarés dans l’ouest de l’Europe, soit une des plus grandes épidémies dans le monde. Ces chiffres sont d’autant plus alarmants en sachant que dans nos pays 1 à 3 patients sur 1000 meurent de cette infection.

Qu’en est-il chez nous, en Belgique ?

Récemment, une étude menée en Flandres a constaté que dans l’ensemble, les familles néerlandophones ont un avis négatif envers la vaccination. Une jeune maman sur cinq considère que son enfant ne doit pas se faire vacciner contre « des maladies qui n’existent plus ». Egalement dans cette étude, 39% des parents doutent vis-à-vis de l’efficacité des vaccins et 32% estiment que les vaccins récents sont plus dangereux que ceux de plus longue date.

Pourquoi certains parents hésitent-ils à vacciner leurs enfants ?

Le taux de couverture vaccinale reste très bon en Belgique, allant de 87,2% (rotavirus) à 95,6% (rougeole-rubéole-oreillons) en Wallonie-Bruxelles (2014). Toutefois, au moment de vacciner leurs enfants, certains parents s’interrogent sur plusieurs aspects de cette intervention. Certains se demandent si nous ne faisons pas trop de vaccins par rapport à avant, si cela ne surcharge pas le système immunitaire de l’enfant, si l’enfant n’est pas trop jeune pour être vacciné. L’utilité et l’efficacité des vaccins sont remises en question. D’autres s’inquiètent à leur tour des composants des vaccins, des effets secondaires ou encore de leur sûreté.

Quelles réponses pouvons-nous apporter ?

Malgré les nombreuses études réalisées sur le sujet, il n’est pas toujours facile, dans le flux d’informations qui nous entoure, de trouver une réponse adéquate et fiable. A titre d’exemple, l’aluminium est contenu dans certains vaccins à concentration très faible, son rôle est de stimuler la réponse immunitaire et rendre ainsi les vaccins plus efficaces. Sa présence dans les vaccins a souvent été critiquée par les détracteurs de la vaccination mais aucune preuve scientifique n’a jamais démontré une éventuelle toxicité. Des experts ont par ailleurs fourni des éléments de réponse aidant à relativiser : « Pendant les 6 premiers mois de sa vie, un enfant recevra 4 milligrammes d’aluminium en recevant tous les vaccins recommandés et pendant ce même temps, il aura reçu 10 milligrammes s’il est nourri au sein, 40 s’il est nourri au lait artificiel et 120 si c’est un lait à base de soja. »

Nous ne sommes pas en mesure, dans cet article, de parcourir tous les doutes soulevés par les parents. Cependant, nous voudrions souligner que la qualité des vaccins est contrôlée en permanence, que ceux-ci protègent votre enfant contre plusieurs maladies potentiellement graves voire mortelles et que son système immunitaire est parfaitement préparé pour recevoir le schéma vaccinal proposé en Belgique. Si vous avez des questions concernant la vaccination, nous ne pouvons que vous encourager à en discuter avec votre médecin ou pédiatre traitant.

Article rédigé par Isabel Castroviejo, Etudiante en dernière année de Médecine à l’ULB et le Professeur Pierre Smeesters, chef du département de pédiatrie de l’HUDERF.

 

Sources :

  1. European Centre for Disease Prevention and Control. Let’s talk about protection. Stockholm: ECDC; 2016.
  2. Robert, B. Swennen. Enquête de couverture vaccinale des enfants de 18 à 24 mois en Fédération Wallonie-Bruxelles (Bruxelles exceptée), 2015. PROVAC-ULB, Ecole de Santé Publique.
  3. Article « Een op de vijf Vlaamse moeders twijfelt aan vaccinatie », 9/02/17 De Morgen

Mort subite du nourrisson : la question du sommeil

Dans les premières semaines et mois de vie de leur bébé, les parents sont souvent angoissés par la mort subite du nourrisson et de nombreuses questions reviennent lors des consultations. Selon une nouvelle publication de l’Académie Américaine de Pédiatrie (AAP), il est recommandé de prolonger le séjour des nouveau-nés dans la chambre de leurs parents au moins jusqu’à six mois, et idéalement jusqu’à un an, pour mieux prévenir la mort subite du nourrisson. Le Dr Sonia Scaillet est médecin et chercheur au sein de l’Unité du Sommeil de l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola. Elle fait le point sur les facteurs de risques et les bonnes pratiques de prévention.

Y a-t-il des enfants plus vulnérables face à la mort subite ?

« Les enfants de sexe masculins entre 2 et 4 mois y sont plus vulnérables. Malheureusement, un enfant apparemment sain peut aussi être touché par ce syndrome. S’il est difficile encore de pouvoir affirmer avec certitude la façon dont se déroule le phénomène, nos études des dernières années au sein de l’Unité du Sommeil démontrent que les victimes ont un processus d’éveil incomplets, c’est-à-dire que leurs facultés à se réveiller normalement durant les phases de sommeil sont altérées », commence le Dr Scaillet. « Les études du sommeil permettent d’identifier trois grands facteurs de risques : la prématurité du bébé, le tabagisme maternel durant la grossesse et la position ventrale de l’enfant pendant le sommeil. Mais d’autres facteurs indépendants peuvent également entrer en ligne de compte : un matelas trop mou, une pièce surchauffée, peu ou pas de suivi prénatal, le jeune âge de la maman et le sexe masculin de l’enfant ».

Existe-t-il des facteurs protecteurs ? Quelles recommandations pouvez-vous donner aux parents ?

« On pense que l’allaitement maternel ainsi que la tétine jouent sur le seuil d’éveil de l’enfant, en favorisant la réaction d’éveil si elle s’avère nécessaire. On remarque également que la prévention permet de nettement diminuer les risques : placer l’enfant sur le dos pour dormir, le mettre dans son berceau à côté du lit des parents la nuit, au minimum jusqu’à 6 mois, ne pas surchauffer la chambre (max 18°), ne pas fumer pendant la grossesse ni dans l’entourage direct de l’enfant ont un impact positif. D’où l’importance de cette  prévention : les parents avertis sont plus vigilants. Depuis les années 90, les campagnes d’information ont permis de réduire considérablement le nombre de morts subites. »

Et donc, concernant les nouvelles recommandations ?

« On adhère. Nous n’avons d’ailleurs pas attendu les recommandons de l’académie américaine pour inciter les pères et les mères à dormir dans la même pièce que leurs enfants les six premiers mois de leur vie. La meilleure surveillance du bébé, c’est l’oreille des parents. D’après les éléments dont nous disposons, nous pensons que la mort subite n’est pas complètement silencieuse et que l’enfant a des réflexes de lutte. Cela reste une supposition car le caractère subit de ce phénomène rend son observation dans un contexte clinique difficile. Mais si la présence parentale permet de prévenir davantage de décès, alors nous préférons saisir cette chance et encourager la pratique de la cohabitation temporaire. Si cela est encore bénéfique au-delà de 6 mois ? La période la plus critique pour la mort subite du nourrisson est a priori passée, mais si la qualité du sommeil est bonne et que la cohabitation n’entrave pas un développement normal de la relation entre l’enfant et ses parents, pourquoi pas ? Par contre, et cela vaut dès la naissance, chacun dans son lit ! », conclut le Dr Scaillet.

Ressources : 

Etudes épidémiologiques démontrant la diminution du risque de mort subite du nourrisson quand le bébé partage la chambre de ses parents :

  • Carpenter RG, Irgens LM, Blair PS, et al. Sudden unexplained infant death in 20 regions in Europe: case control study. Lancet. 2004;363(9404):185–191pmid:14738790
  • Blair PS, Fleming PJ, Smith IJ, et al. CESDI SUDI Research Group. Babies sleeping with parents: case-control study of factors influencing the risk of the sudden infant death syndrome. BMJ. 1999;319(7223):1457–1461pmid:10582925
  • Mitchell EA, Thompson JMD Co-sleeping increases the risk of SIDS, but sleeping in the parents’ bedroom lowers it. In: Rognum TO, ed. Sudden Infant Death Syndrome: New Trends in the Nineties. Oslo, Norway: Scandinavian University Press; 1995:266–269
  • Tappin D, Ecob R, Brooke H. Bedsharing, roomsharing, and sudden infant death syndrome in Scotland: a case-control study. J Pediatr. 2005;147(1):32–37pmid:16027691

Graines de champions : une histoire de génétique ?

Et si les performances des athlètes aux JO étaient aussi une affaire de gènes ? Peut-on déterminer si un enfant a le potentiel d’un champion en explorant son patrimoine génétique ? Comment peut-on par exemple expliquer que l’ensemble de la fratrie Borlée soit régulièrement qualifiée pour les grandes compétitions mondiales ? Que penser des performances de Usain Bolt ou de la détente de Cristiano Ronaldo ? Voilà quelques questions d’actualité pour le Dr Guillaume Smits, généticien à l’Hôpital des Enfants, dans un article de Valentin Dauchot dans la Libre Belgique.

Commençons par le commencement. D’après le Dr Smits, si deux parents particulièrement grands et athlétiques s’unissent, ils ont effectivement plus de chances d’avoir un enfant de grande taille. Et en faisant plusieurs enfants, la probabilité d’en avoir au mois un de grande taille est assez élevé.

Que l’on s’intéresse aux performances kenyanes sur les courses de fond ou celles des Jamaïcains sur le sprint, la supériorité sportive d’une population est certainement due à une accumulation de multiples d’avantages génétiques, mais qui ne sont pas encore scientifiquement démontrés.

Pour tenter de comprendre la relation qu’il existe entre capacités sportives et capital génétique, il faut distinguer deux éléments : la génétique rare et la génétique complexe… Le Dr Smits illustre ses propos sur les mutations génétiques, la combinaison des gènes et la nécessité d’analyser l’ensemble des variants pour obtenir une réelle valeur prédictive sur la qualité sportive de quelqu’un. Il cite quelques exemples concrets : l’enfant « bleu-blanc-belge » qui portait 5 kg à 3 ans et pouvait pratiquement faire des pompes à trois doigts à 12 ans, la force du mental de Usain Bolt et le potentiel de Cristiano Ronaldo pour la NBA.

Nous publions l’intégralité de cette interview, avec l’aimable autorisation du journaliste.

2016.08-LaLibre-genetique